Le musée Dar Batha de Fès est un palais royal de la fin du XIXe siècle, bâti au bord ouest de la médina à deux pas de Bab Boujloud, qui a rouvert le 26 février 2025 sous un nouveau nom : Musée Al Batha des arts de l’Islam. L’un des plus anciens musées du Maroc (créé en 1915), il était jusqu’en 2019 le musée des arts et traditions populaires que connaissaient les voyageurs, avec ses vitrines de céramique bleue un peu fatiguées. Six ans de chantier plus tard, c’est une autre visite : une collection de plus de 6 500 objets relue comme une histoire des arts de l’Islam au Maroc, des salles repensées, un jardin andalou replanté, et quelques objets que l’on ne voit nulle part ailleurs, à commencer par le minbar de la mosquée des Andalous, sculpté en 980.
Cette page s’adresse à ceux qui veulent savoir, avant d’y aller, ce que le musée montre vraiment depuis sa réouverture, combien il coûte, quand il est ouvert, comment s’y rendre sans se perdre, et ce qui mérite qu’on s’y attarde. Pour le reste de la ville, notre guide complet de ce qu’il faut faire à Fès donne la vue d’ensemble.
En bref
- Nom officiel depuis 2025 : Musée Al Batha des arts de l’Islam, géré par la Fondation nationale des musées (FNM).
- Adresse : 5, place Batha, Oued Fejjaline, à quelques minutes à pied de Bab Boujloud, porte d’entrée ouest de Fès el-Bali.
- Horaires publiés par la FNM : tous les jours de 10 h à 18 h, sauf le mardi (fermeture).
- Tarifs publiés par la FNM : 60 DH pour les visiteurs étrangers, 30 DH pour les résidents marocains, 15 DH pour les enfants.
- Le palais a été commencé sous le sultan Moulay Hassan Ier et achevé sous Moulay Abdelaziz ; il est devenu musée en 1915 et monument classé en 1924.
- Pièces phares : le minbar de la mosquée des Andalous (980-985), le minbar du XIVe siècle de la médersa Bou Inania, des astrolabes, des corans anciens et la céramique bleue de Fès.
- Comptez 1 h 30 à 2 h, jardin compris ; le jardin andalou occupe plus de la moitié de la superficie du site.

Musée Dar Batha ou Musée Al Batha : de quoi parle-t-on exactement ?
Les noms se superposent, et cela crée de la confusion sur place comme en ligne. « Dar Batha » désigne le palais (dar signifie maison ou demeure), du nom du quartier de la Batha, la zone un peu dégagée qui sépare la vieille ville de Fès el-Bali des jardins et des palais du XIXe siècle construits entre la médina et Fès el-Jdid. Pendant un siècle, le bâtiment a abrité le « musée du Batha », musée d’arts et traditions populaires dans le langage courant, musée ethnographique dans les publications. Depuis février 2025, l’appellation officielle retenue par la Fondation nationale des musées est « Musée Al Batha des arts de l’Islam ».
Le changement de nom n’est pas cosmétique. L’ancien musée présentait l’artisanat de Fès par matériau : bois, cuivre, broderie, poterie. Le nouveau raconte l’histoire des arts de l’Islam au Maroc, des premiers siècles jusqu’à l’époque alaouite, avec une section dédiée au rôle de Fès comme ville de savoir. Les pièces locales sont toujours là, mais elles servent un propos. Si vous avez visité le musée avant 2019, ne vous fiez pas à vos souvenirs : la muséographie, les textes (en arabe, français et anglais) et une partie des objets ont changé.
À ne pas confondre non plus avec Dar el-Beida, le palais jumeau construit dans le même ensemble, immédiatement voisin. Il est resté une résidence royale utilisée pour des réceptions officielles et ne se visite pas. Un mur et un portail le séparent du musée : si un gardien vous fait signe de ne pas entrer, vous êtes probablement devant le mauvais bâtiment.
Histoire du palais Dar Batha, de Moulay Hassan Ier à 2025
Un palais d’été entre la médina et la ville royale
À la fin du XIXe siècle, le sultan alaouite Moulay Hassan Ier (règne 1873-1894) cherche à relier physiquement Fès el-Bali, la médina médiévale, et Fès el-Jdid, la ville royale fondée par les Mérinides. Dans cet entre-deux, il fait aménager des jardins et lance la construction d’un palais destiné aux séjours d’été et à l’accueil des hôtes de marque. Les références donnent 1886 comme début des travaux. L’achèvement revient à son fils et successeur Moulay Abdelaziz (règne 1894-1908) ; la date exacte varie selon les sources, 1897 selon certaines références, 1907 selon d’autres, ce qui reflète sans doute plusieurs campagnes de travaux plutôt qu’une erreur. Le palais voisin, Dar el-Beida, est terminé plus tard sous le sultan Moulay Abdelhafid.
Le style est celui que l’on qualifie d’hispano-mauresque ou arabo-andalou : une grande cour dallée entourée de galeries, des salles de réception longues et étroites fermées par de lourdes portes en cèdre, et un jardin clos organisé en croix. Rien d’une forteresse : c’est une architecture de villégiature, pensée pour l’ombre, l’eau et la fraîcheur pendant les étés brûlants du Saïss.
Du palais au musée des arts locaux (1912-1924)
En 1912, au début du protectorat français, Dar Batha et Dar el-Beida accueillent les services du Résident général. Trois ans plus tard, en 1915, les deux palais sont séparés : Dar Batha devient un musée des arts locaux, parmi les tout premiers du pays, tandis que Dar el-Beida garde une fonction de réception. La même année, le paysagiste français Jean-Claude Nicolas Forestier, connu pour ses jardins à Séville et à Paris, réaménage le jardin. En 1924, le palais est classé monument national.
Il faut regarder cette naissance avec lucidité : le musée est né d’une politique coloniale de « sauvegarde » des arts marocains, qui a aussi figé une certaine image de l’artisanat. Mais il a eu une conséquence durable et positive : des objets qui auraient disparu, fragments de bois des mosquées, panneaux de zellige, céramiques anciennes, ont été rassemblés et conservés à Fès plutôt que dispersés. La collection a dépassé 6 500 objets au fil du XXe siècle.
Le chantier 2019-2025 et la renaissance du musée
En avril 2019, le musée ferme pour une restauration lancée sur initiative royale, avec un budget prévisionnel de 15,6 millions de dirhams d’après les chiffres publiés au lancement. Le chantier, suivi par la Fondation nationale des musées, présidée par Mehdi Qotbi, et l’Agence pour le développement et la réhabilitation de Fès, a duré bien plus longtemps que prévu. Les murs ont retrouvé leur blancheur d’origine, les décors peints ont été repris avec des pigments naturels, les plafonds en cèdre et les plâtres sculptés ont été restaurés par des maâlems, les maîtres artisans de la ville, et le jardin a été replanté.
La réouverture a eu lieu le mercredi 26 février 2025. Selon la dépêche de l’agence officielle MAP reprise par la presse marocaine, l’ensemble s’étend sur environ 7 500 m². La FNM décrit une collection diversifiée d’objets archéologiques et ethnographiques, de l’époque préislamique à l’époque moderne ; le nombre exact de pièces exposées n’a pas été communiqué officiellement. Le succès a été immédiat : un total de 10 000 visiteurs entre la réouverture et la fin avril 2025, selon le portail officiel maroc.ma.
| Date | Événement |
|---|---|
| 1886 (selon la plupart des références) | Début de la construction sous le sultan Moulay Hassan Ier |
| 1894-1908 | Règne de Moulay Abdelaziz, qui achève le palais (1897 ou 1907 selon les sources) |
| 1908-1912 | Règne de Moulay Abdelhafid, qui termine le palais voisin de Dar el-Beida |
| 1912 | Les deux palais accueillent les services du Résident général du protectorat |
| 1915 | Dar Batha devient musée des arts locaux ; jardin réaménagé par J.-C. N. Forestier |
| 1924 | Classement comme monument national |
| 1981 | Inscription de la médina de Fès sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO |
| Avril 2019 | Fermeture pour restauration (budget annoncé : 15,6 millions de dirhams) |
| 26 février 2025 | Réouverture comme Musée Al Batha des arts de l’Islam |
L’architecture du palais : ce qu’il faut regarder
La grande cour et ses deux types de galeries
En entrant, on débouche sur une vaste cour rectangulaire pavée de marbre et de zellige, ponctuée de vasques et de bassins. Le détail qui trahit l’observateur attentif : les galeries ne sont pas identiques. À l’est et à l’ouest, de grands arcs outrepassés (en fer à cheval) en brique enduite rythment les façades ; au nord et au sud, les galeries reposent sur des structures en bois peint. Placez-vous au centre de la cour et tournez lentement sur vous-même : le contraste entre la masse claire des arcs et la finesse des boiseries est la meilleure leçon d’architecture de la visite.
Au sol, les tapis de zellige qui entourent les fontaines méritent qu’on baisse les yeux. Autour de la vasque centrale, le motif forme une étoile géométrique où chaque tesselle a été taillée à la main dans des carreaux émaillés. Remarquez les couleurs : blanc, noir, vert, ocre et bleu de cobalt, la palette classique de Fès. Dans un angle de la cour, un arbre immense, dont le tronc et la ramure dominent les arcades, donne une ombre bienvenue l’après-midi.
Plafonds en cèdre et salles de réception
Les salles d’exposition sont les anciennes pièces d’apparat du palais. Levez la tête en entrant dans chacune : plusieurs conservent des plafonds en cèdre peints, où des étoiles à seize ou vingt-quatre branches rayonnent autour d’un motif central. La restauration a ravivé ces décors sans les repeindre à neuf, et l’on distingue encore les zones d’usure. Les grandes portes à deux battants, souvent doublées d’un portillon, sont typiques des palais marocains : on ouvrait le portillon au quotidien et les battants pour les réceptions.
Autre élément à repérer : les plâtres sculptés (gebs) des frises hautes et les soubassements en zellige, qui montent parfois à hauteur d’épaule. C’est la grammaire décorative que l’on retrouve dans les médersas mérinides du XIVe siècle, reprise ici cinq cents ans plus tard par les artisans alaouites. Voir ces décors du XIXe siècle juste avant ou après la médersa Bou Inania permet de mesurer la continuité, et aussi l’écart de finesse.
Le jardin andalou du musée Dar Batha
Le jardin est souvent ce dont les visiteurs se souviennent le plus. Il reprend le plan du riad andalou : un rectangle divisé en quatre parterres par deux allées perpendiculaires, avec une fontaine à leur croisement. Selon les données publiées, il occupe plus de la moitié de la superficie du palais (58 % selon la notice du musée virtuel Discover Islamic Art). Au nord et au sud, il est bordé de galeries portées par 28 colonnes de bois peint. Les allées sont pavées de zellige vert et bleu, légèrement surélevées par rapport aux parterres, comme dans les jardins hispano-musulmans où l’on marchait au niveau des fleurs.
La végétation mêle palmiers, cyprès, orangers, jacarandas et hibiscus. Si vous passez à Fès vers la fin du printemps, les jacarandas se couvrent de fleurs mauves au-dessus des allées : c’est le moment le plus photogénique de l’année. Le reste du temps, le jardin reste le coin le plus calme de ce secteur de la médina. Des bancs permettent de s’asseoir, et c’est une bonne idée de le garder pour la fin de la visite, quand les salles ont fatigué les yeux.
Ce jardin a une autre vie, musicale. Depuis la création du Festival de Fès des musiques sacrées du monde en 1994, les concerts de fin d’après-midi se sont longtemps tenus sous le grand arbre du Batha, dans une ambiance bien plus intime que sur la scène de Bab Makina. Les lieux varient toutefois d’une édition à l’autre : pour la 29e édition (4-7 juin 2026), les annonces officielles citaient notamment Bab Makina, qui accueillait la soirée d’ouverture, et les jardins de Jnan Sbil. Consultez le site officiel du festival avant de compter sur un concert dans le jardin du musée.
Le jardin du musée n’est pas un parc public : on n’y accède qu’avec un billet et aux horaires du musée. Si vous cherchez un grand espace vert gratuit pour vous poser, le jardin Jnan Sbil, à dix minutes à pied, joue ce rôle.
Que voir au musée Dar Batha : les pièces à ne pas manquer
Le parcours est chronologique et thématique : il part de l’époque préislamique et des premières dynasties, traverse les grandes périodes (Idrissides, Almoravides, Almohades, Mérinides, Saadiens, Alaouites), s’arrête sur l’écriture arabe et la calligraphie, puis consacre un espace à Fès comme capitale du savoir. Voici les objets qui justifient à eux seuls le déplacement.

Le minbar de la mosquée des Andalous (980-985)
C’est la pièce maîtresse, et l’une des plus anciennes chaires à prêcher en bois conservées au Maroc. Son histoire se lit comme un résumé des rivalités du Xe siècle. En 980, Buluggin ibn Ziri, émir ziride agissant pour les califes fatimides, prend Fès et fait réaliser un nouveau minbar pour la mosquée des Andalous. En 985, les Omeyyades de Cordoue reprennent la ville ; l’homme fort d’al-Andalus, Ibn Abi Amir (al-Mansur), fait retirer une partie des panneaux fatimides et ajouter une inscription à son nom, datée de 375 de l’hégire. Au début du XIIIe siècle, les Almohades recouvrent presque tout le minbar de nouveaux panneaux.
L’ancien minbar n’a été réellement redécouvert qu’au XXe siècle, grâce à l’étude de l’historien de l’art Henri Terrasse, publiée en 1942, qui a mis au jour l’inscription d’origine. Les éléments du Xe siècle, d’époque fatimide et omeyyade, sont aujourd’hui exposés au musée du Batha. Approchez-vous des montants : les rinceaux végétaux, les arcs et les rosaces sculptés dans le bois sont d’une netteté étonnante pour leur âge. Les lacunes laissées visibles font partie de l’histoire de l’objet, ne les prenez pas pour un défaut de présentation.
L’horloge hydraulique et le minbar de Bou Inania (XIVe siècle)
Face à la médersa Bou Inania, sur la Talaa Kebira, la façade de l’horloge hydraulique mérinide du XIVe siècle, dite Dar al-Magana, aligne encore douze fenêtres au-dessus de treize consoles de bois qui portaient chacune un bol de bronze. Chaque heure, une bille ou un poids de plomb tombait dans l’un des bols et le faisait sonner ; le mécanisme a disparu et son fonctionnement exact reste inconnu. Les bols ont été déposés dans la seconde moitié du XXe siècle pour être étudiés. Plusieurs présentations du musée citent des éléments de cette horloge parmi les pièces du Batha, aux côtés du minbar du XIVe siècle de la même médersa. La FNM ne détaille pas quels éléments sont exposés dans le nouvel accrochage : demandez à l’accueil, puis allez regarder la façade dans la médina, c’est l’une des associations les plus parlantes que l’on puisse faire à Fès.
Astrolabes, corans et manuscrits
Une salle réunit des astrolabes planisphériques en laiton, instruments qui servaient à observer les astres, à calculer l’heure des prières et à déterminer la direction de La Mecque. Lisez les dates sur les cartels : les datations d’astrolabes, converties depuis le calendrier hégirien, sont souvent déformées dans les publications. On y trouve aussi des corans et des manuscrits rares, que la FNM met en avant parmi les pièces phares, et une section sur l’histoire de l’écriture et de la calligraphie arabe au Maroc, du coufique aux écritures maghrébines.
La céramique bleue de Fès
Le musée possède l’une des grandes collections de céramique fassie dite « bleu de Fès » : plats, jattes, pots à beurre et jarres émaillés de blanc et peints au bleu de cobalt. Les décors associent motifs floraux, étoiles géométriques, entrelacs et parfois lettres coufiques stylisées. L’œil exercé repère les différences de nuance, du bleu pâle et un peu grisé des pièces anciennes au bleu profond des productions plus récentes, liées à la composition du minerai de cobalt utilisé. Si vous comptez acheter de la poterie en ville ensuite, cette salle est la meilleure école : vous saurez distinguer une pièce peinte à la main d’une production en série.
Ne manquez pas non plus les panneaux de zellige et de céramique architecturale, qui montrent à quel point la mosaïque de terre cuite émaillée des médersas et des palais reposait sur une géométrie savante.
Textiles, tapis, bijoux et objets du quotidien
La FNM cite les textiles et les tapis parmi les points forts de la collection, aux côtés des objets en métal ciselé. Viennent ensuite broderies, bois sculpté, bijoux et instruments de musique andalous et orientaux, qui rappellent que Fès était d’abord une ville de corporations, où chaque métier avait sa rue et ses maâlems. Pour aller plus loin sur les métiers du bois, ses outils et ses charpentes, le musée Nejjarine des arts et métiers du bois est le complément naturel de cette visite.
| Pièce | Époque | Pourquoi s’y arrêter |
|---|---|---|
| Minbar de la mosquée des Andalous | 980, modifié en 985 | Témoin direct de la lutte entre Fatimides et Omeyyades pour Fès |
| Horloge hydraulique et minbar de Bou Inania | XIVe siècle (Mérinides) | Le lien direct entre le musée et la médersa voisine |
| Astrolabes planisphériques | Époques médiévale et moderne (voir les cartels) | Science, astronomie et calcul du temps des prières |
| Corans et manuscrits rares | Plusieurs époques | Calligraphie maghrébine et enluminure à l’or |
| Panneaux de zellige et de céramique | Plusieurs époques | La géométrie de la mosaïque émaillée, vue de près |
| Céramique « bleu de Fès » | Surtout XVIIIe-XXe siècles | La signature visuelle de la ville, utile avant tout achat |
Un parcours conseillé en 90 minutes
Le musée n’est pas immense, mais on s’y épuise vite si l’on lit tous les cartels. Voici l’ordre qui fonctionne le mieux, testé pour concilier les salles, la cour et le jardin sans revenir sur ses pas.
- Dix minutes dans la cour, avant toute salle : repérez les deux types de galeries, les zelliges au sol et l’orientation des salles.
- Les salles historiques dans l’ordre chronologique, en vous arrêtant surtout sur les premières dynasties et le minbar des Andalous (prévoyez un quart d’heure pour lui seul).
- La salle de l’écriture et des sciences : corans, manuscrits, astrolabes, horloge de Bou Inania.
- Les arts du feu et du tissu : céramique bleue, zellige, tapis, textiles, bijoux.
- La section consacrée à Fès, ville de savoir, qui fait le lien avec la Qaraouiyine et les médersas que vous verrez dans la médina.
- Le jardin pour terminer, par l’allée centrale jusqu’à la fontaine, puis un tour complet des parterres.
Avec des enfants, inversez : jardin d’abord, puis deux ou trois salles choisies (le minbar, les instruments de musique, les astrolabes), et sortez avant la lassitude. Le tarif enfant reste modeste, et la cour ouverte permet de faire des pauses.
Visiter le musée Dar Batha : infos pratiques
| Information | Détail |
|---|---|
| Nom officiel | Musée Al Batha des arts de l’Islam (FNM) |
| Adresse | 5, place Batha, Oued Fejjaline, Fès |
| Horaires | 10 h – 18 h, tous les jours sauf le mardi |
| Tarif visiteurs étrangers | 60 DH |
| Tarif résidents marocains | 30 DH |
| Tarif enfants | 15 DH |
| Gratuités et réductions | Non publiées par la FNM à ce jour, renseignez-vous au guichet |
| Téléphone | +212 (0)5 30 67 60 81 |
| Durée conseillée | 1 h 30 à 2 h |
| Meilleur moment | À l’ouverture (10 h) ou après 16 h ; fin du printemps pour les jacarandas |
Comment s’y rendre
Depuis Bab Boujloud, la porte bleue de Fès, c’est la marche la plus simple de la médina : dos à la porte côté extérieur, prenez la direction de la place Batha, en longeant les murs, et le musée se trouve à quelques centaines de mètres, soit environ cinq minutes à pied. La place Batha est aussi l’un des principaux points de dépose des petits taxis rouges : demandez simplement « Batha », tous les chauffeurs connaissent. Depuis la gare ONCF de la ville nouvelle, le trajet en petit taxi prend en général dix à quinze minutes selon la circulation ; exigez le compteur.
Si vous arrivez en avion, l’aéroport de Fès-Saïss se trouve à une quinzaine de kilomètres au sud de la ville ; les grands taxis et les transferts vous déposeront à la place Batha ou à Bab Boujloud, points que les chauffeurs acceptent sans difficulté, alors que les ruelles de la médina ne sont pas carrossables. Déposer vos bagages au riad avant la visite est plus confortable : il n’y a pas de consigne annoncée au musée.
Tenue, photos et accessibilité
Le musée est un lieu culturel, pas un lieu de culte : il est ouvert à tous les visiteurs, sans distinction de religion, et aucun code vestimentaire particulier n’est imposé. Une tenue couvrant les épaules reste la plus adaptée pour circuler dans la médina autour. Les règles de photographie ne sont pas détaillées publiquement par la FNM : les photos sans flash sont généralement tolérées dans la cour et le jardin, mais demandez à l’accueil pour les salles et respectez les pictogrammes. Le palais est essentiellement de plain-pied, avec toutefois des seuils et quelques marches ; les conditions d’accès pour les fauteuils roulants ne sont pas communiquées officiellement, appelez le numéro du musée avant de venir.
Quand venir
Évitez le mardi, jour de fermeture, que beaucoup de visiteurs découvrent devant la porte. Les matinées de week-end et les vacances scolaires attirent les familles et les groupes scolaires marocains : c’est vivant, mais les salles étroites se remplissent vite. L’ouverture à 10 h en semaine reste le créneau le plus calme ; en été, la fin d’après-midi, quand la cour passe à l’ombre, est plus agréable. Pendant le ramadan, les horaires des sites culturels marocains sont souvent aménagés : vérifiez-les la veille par téléphone.
Erreurs à éviter au musée Dar Batha
- Se fier à un vieux guide : horaires, tarifs et contenu d’avant 2019 ne sont plus valables, et certains sites affichent encore « fermé pour travaux ».
- Venir un mardi.
- Suivre un rabatteur qui prétend que « le musée est fermé aujourd’hui » pour vous emmener ailleurs : allez voir par vous-même, l’entrée est à cinq minutes de Bab Boujloud.
- Traverser les salles en vingt minutes pour ne profiter que du jardin : le minbar des Andalous est une pièce unique au monde.
- Confondre le musée avec Dar el-Beida, palais voisin non ouvert au public.
- Oublier de garder un peu de monnaie : le paiement par carte n’est pas garanti dans tous les sites de la médina.
Aux alentours du musée Dar Batha
Le musée est idéalement placé pour ouvrir ou clore une journée dans la partie ouest de la médina. Voici ce qui se trouve à moins d’un quart d’heure de marche.
- Bab Boujloud : la porte monumentale aux zelliges bleus, à cinq minutes, avec vue sur les minarets de Bou Inania et de Sidi Lazzaz à travers ses arcs.
- La médersa Bou Inania : en haut de la Talaa Kebira, à une dizaine de minutes ; en face, la façade de l’horloge hydraulique évoquée au musée.
- Le jardin Jnan Sbil : grand jardin public restauré, gratuit, entre la médina et Fès el-Jdid, parfait après la visite.
- La Talaa Kebira et la Talaa Seghira : les deux grandes rues qui descendent vers le cœur de la médina, la Qaraouiyine et les souks.
- Le musée Nejjarine : plus bas dans la médina, sur la place du même nom, pour les arts du bois ; comptez vingt à trente minutes à pied en descendant la Talaa Kebira.
| Critère | Musée Al Batha (Dar Batha) | Musée Nejjarine |
|---|---|---|
| Bâtiment | Palais royal de la fin du XIXe siècle avec jardin | Fondouk (caravansérail) du XVIIIe siècle |
| Thème | Arts de l’Islam au Maroc, de l’histoire ancienne à l’époque alaouite | Arts et métiers du bois |
| Point fort | Minbar des Andalous, céramique bleue, jardin andalou | Charpentes, portes, outils, terrasse |
| Emplacement | Lisière ouest de la médina, près de Bab Boujloud | Cœur de la médina, place Nejjarine |
| Profil idéal | Première visite de Fès, pour comprendre la ville | Passionnés d’artisanat et de menuiserie |
Vous hésitez encore entre les deux villes impériales pour votre séjour ? Notre comparatif Marrakech ou Fès : que choisir vous aidera ; notez qu’à Fès, le Batha joue un peu le rôle que tient à Marrakech un palais-musée comme Dar Si Saïd, mais avec une collection plus ancienne.
FAQ sur le musée Dar Batha
Le musée Dar Batha est-il ouvert en 2026 ?
Oui. Fermé pour restauration d’avril 2019 à début 2025, il a rouvert le 26 février 2025 sous le nom de Musée Al Batha des arts de l’Islam. Selon la Fondation nationale des musées, il est ouvert tous les jours de 10 h à 18 h, sauf le mardi.
Combien coûte l’entrée du musée Dar Batha ?
La FNM affiche 60 DH pour les visiteurs étrangers, 30 DH pour les résidents marocains et 15 DH pour les enfants. Aucune grille de gratuité n’est publiée par la FNM : pour une réduction étudiante ou de groupe, renseignez-vous au guichet.
Quelle est la différence entre Dar Batha et le Musée Al Batha ?
Il s’agit du même lieu. Dar Batha est le nom du palais ; le musée qu’il abrite s’appelait couramment musée du Batha ou musée des arts et traditions populaires, et porte depuis 2025 le nom officiel de Musée Al Batha des arts de l’Islam.
Qui a construit le palais Dar Batha ?
Le palais a été commandé par le sultan alaouite Moulay Hassan Ier, qui en lance la construction dans les années 1880, et achevé sous son fils Moulay Abdelaziz. Il servait de palais d’été et de résidence pour les hôtes de marque.
Combien de temps faut-il prévoir pour la visite ?
Comptez 1 h 30 à 2 h pour voir les salles sans vous presser et profiter du jardin. Une visite express d’une heure est possible en ciblant le minbar des Andalous, la salle des sciences et la céramique bleue.
Les non-musulmans peuvent-ils visiter le musée Dar Batha ?
Oui. C’est un musée public et non un lieu de culte : il est ouvert à tous les visiteurs. Les objets religieux exposés, comme le minbar ou les corans, se regardent avec respect, sans consigne particulière hormis celles affichées dans les salles.
Comment aller au musée Dar Batha depuis Bab Boujloud ?
À pied, en environ cinq minutes : depuis l’extérieur de Bab Boujloud, dirigez-vous vers la place Batha, où se trouve l’entrée du musée, au 5 place Batha. Les petits taxis déposent aussi directement sur la place Batha.
Le jardin du musée accueille-t-il encore le Festival des musiques sacrées ?
Le jardin du Batha a longtemps accueilli les concerts d’après-midi du festival, mais les lieux changent selon les éditions. En 2026, les annonces officielles citaient notamment Bab Makina et Jnan Sbil : consultez le site du festival pour l’année de votre voyage.
En résumé
Le musée Dar Batha est la première étape à conseiller à qui découvre Fès : un palais d’été de la fin du XIXe siècle, l’un des plus anciens musées du pays, qui depuis février 2025 raconte les arts de l’Islam au Maroc à partir d’une collection de plus de 6 500 objets. On y vient pour le minbar de la mosquée des Andalous, les manuscrits et les astrolabes, la céramique bleue et un jardin andalou d’une rare sérénité. Évitez le mardi, venez à l’ouverture, prévoyez deux heures et enchaînez avec Bab Boujloud, Bou Inania et Jnan Sbil, tous à quelques minutes à pied.
Sources officielles
- Fondation nationale des musées : Musée Al Batha des arts de l’Islam
- UNESCO : Médina de Fès, patrimoine mondial
- Discover Islamic Art (Museum With No Frontiers) : notice du palais Batha
- Festival de Fès des musiques sacrées du monde (site officiel)
- Maroc.ma, portail officiel du Royaume : les premiers mois du Musée Al Batha
Article informatif, mis à jour en septembre 2026. Les tarifs, horaires, gratuités et l’accrochage des collections du Musée Al Batha sont susceptibles d’évoluer : vérifiez-les auprès de la Fondation nationale des musées ou sur place avant votre visite.
Crédit photo
Illustrations : image à la une « File:Dar Batha DSCF2832.jpg » — R Prazeres (CC BY-SA 4.0) ; « File:Dar Batha Museum, Fes (8958254162).jpg » — just_a_cheeseburger (Flickr) (CC BY 2.0) ; « File:Andalusians Mosque minbar DSCF6270.jpg » — R Prazeres (CC BY-SA 4.0), via Wikimedia Commons.



