Que faire à Fès ? Se perdre d’abord dans la médina de Fès el-Bali, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1981, pour y voir la mosquée-université Al Quaraouiyine, les médersas mérinides Bou Inania et Al Attarine, les tanneries Chouara et le musée Nejjarine, puis passer à Fès el-Jdid pour les portes du palais royal, le mellah et le jardin Jnan Sbil, et finir la journée sur la colline des tombeaux mérinides. Ajoutez un hammam, un repas fassi, une matinée dans les souks et, si vous restez trois jours ou plus, une excursion à Volubilis, Meknès ou Ifrane.
Ce guide sert de carte générale : il situe chaque lieu, dit ce qu’il vaut vraiment, combien de temps lui accorder et dans quel ordre l’enchaîner. Pour chaque monument majeur, un article dédié va plus loin. Ici, l’objectif est plus simple et plus utile quand on arrive : comprendre comment la ville est construite, pour ne pas passer deux jours à tourner en rond dans ses 9 000 ruelles supposées, un chiffre que personne n’a jamais vérifié mais que tous les guides répètent.
En bref
- La médina de Fès est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1981 ; le bien regroupe Fès el-Bali (fondée à partir de 789) et Fès el-Jdid (fondée en 1276 par les Mérinides).
- Fès el-Bali est l’une des plus vastes zones urbaines piétonnes du monde : on y circule à pied, les marchandises y passent encore à dos d’âne ou de mulet.
- La mosquée Al Quaraouiyine, fondée en 857-859 et attribuée à Fatima al-Fihri, et la zaouïa Moulay Idriss II ne se visitent pas à l’intérieur pour les non-musulmans.
- Les médersas Bou Inania (1350-1355) et Al Attarine (1323-1325) sont les deux monuments mérinides à visiter en priorité ; leurs cours sont ouvertes au public.
- Le musée Al Batha, rouvert le 26 février 2025 après restauration, est devenu un musée des arts de l’Islam géré par la Fondation nationale des musées.
- Comptez au minimum deux jours pleins pour la ville seule, trois ou quatre avec une excursion à Volubilis ou Meknès.
- L’aéroport de Fès-Saïss (code FEZ) se trouve à une quinzaine de kilomètres du centre.

Comprendre Fès avant de la visiter : trois villes en une
Fès n’est pas une ville mais un assemblage de trois villes posées côte à côte, chacune née à une époque différente. Tant que l’on n’a pas cette carte en tête, la médina paraît chaotique. Une fois qu’on l’a, tout devient lisible.
Fès el-Bali, « la vieille Fès », occupe le creux de la vallée de l’oued Fès. Idris Ier fonde une première ville sur la rive droite en 789 ; son fils Idris II en crée une seconde en face, sur la rive gauche, en 809. Les deux agglomérations, longtemps rivales et séparées par la rivière, ne sont unifiées que vers 1070, sous les Almoravides. On en garde la trace dans les noms : la rive des Andalous, à l’est, porte encore la mosquée des Andalous ; la rive des Kairouanais, à l’ouest, abrite la Quaraouiyine.
Fès el-Jdid, « la Fès nouvelle », est une ville royale construite d’un seul geste en 1276 par le sultan mérinide Abou Youssef Yacoub, à l’ouest de l’ancienne. Elle concentre le palais, les casernes, les jardins et, plus tard, le mellah, le quartier juif. Enfin la Ville nouvelle, tracée sous le protectorat français à partir des années 1910, s’étend plus au sud-ouest autour de l’avenue Hassan II : c’est là que se trouvent la gare, la plupart des banques et les hôtels de chaîne.
Quand l’UNESCO inscrit la « Médina de Fès » sur la liste du patrimoine mondial en 1981, elle inclut Fès el-Bali et Fès el-Jdid, mais pas la Ville nouvelle. C’est cet ensemble de près de douze siècles que ce guide parcourt. Pour tout ce qui touche au plan des ruelles, aux quartiers et à la manière de s’y orienter, notre article sur la médina de Fès el-Bali entre dans le détail.
| Date | Événement | Ce qu’il en reste à voir |
|---|---|---|
| 789 | Idris Ier fonde une première ville sur la rive droite de l’oued Fès | Le tracé du quartier des Andalous |
| 809 | Idris II fonde la ville de la rive gauche | La zaouïa qui porte son nom |
| 857-859 | Fondation de la mosquée Al Quaraouiyine | La mosquée, agrandie par la suite |
| Vers 1070 | Unification des deux rives sous les Almoravides | Une seule médina, Fès el-Bali |
| 1134-1143 | Grand agrandissement de la Quaraouiyine sous Ali ibn Youssef | Les nefs et coupoles almoravides |
| 1276 | Fondation de Fès el-Jdid par les Mérinides | Le palais royal et ses remparts |
| 1323-1325 | Construction de la médersa Al Attarine | La médersa, restaurée |
| 1350-1355 | Construction de la médersa Bou Inania | La médersa et son horloge hydraulique |
| XIVe siècle | Nécropole des sultans mérinides sur la colline nord | Les tombeaux mérinides, en ruine |
| 1582 | Le sultan saadien Ahmed al-Mansour fait bâtir le Borj Nord | La forteresse, devenue musée des armes |
| 1717-1720 | Moulay Ismaïl reconstruit le sanctuaire de Moulay Idriss II | Le minaret et le toit pyramidal vert |
| 1886-1907 | Construction du palais Dar Batha | Le musée Al Batha |
| 1913 | Construction de l’actuelle Bab Boujloud | La porte bleue et verte |
| 1969-1971 | Nouvelles portes du palais royal, place des Alaouites | Les portes de bronze doré |
| 1981 | Inscription de la médina au patrimoine mondial | L’ensemble Fès el-Bali et Fès el-Jdid |
| 2025 | Réouverture du musée Al Batha des arts de l’Islam | Le musée et son jardin |
Que faire à Fès el-Bali : les monuments de la vieille médina
La plupart des visiteurs entrent dans Fès el-Bali par l’ouest, à Bab Boujloud, et descendent vers le cœur de la médina, autour de la Quaraouiyine, par l’une des deux grandes rues parallèles, la Talaa Kebira et la Talaa Seghira. La pente est continue : on descend facilement, on remonte en soufflant. Beaucoup de voyageurs descendent à pied puis ressortent par une porte basse, comme Bab Rcif, pour prendre un petit taxi. Voici les étapes dans l’ordre logique de cette descente.
Bab Boujloud, la porte d’entrée
La porte la plus photographiée de Fès est aussi l’une des plus récentes : l’administration du protectorat l’a construite en 1913, à la place d’une porte médiévale à entrée coudée. Sa façade extérieure est couverte de carreaux à dominante bleue, sa face intérieure de carreaux verts. Placez-vous côté extérieur : l’arc central encadre les minarets de la médersa Bou Inania et de la mosquée Sidi Lezzaz. La petite place derrière la porte est le point de rendez-vous naturel de la médina, avec ses cafés, ses stands de brochettes et ses guides qui vous abordent.
La médersa Bou Inania
À quelques minutes de marche en contrebas de Bab Boujloud, sur la Talaa Kebira, la médersa Bou Inania est le premier grand monument du parcours et, pour beaucoup, le plus beau. Le sultan mérinide Abou Inan Faris la fait construire entre 1350 et 1355. Particularité rare : elle servait aussi de mosquée du vendredi, ce qui explique son minaret, chose presque unique pour une médersa marocaine. Dans la cour, tout est là : zellige en bas, stuc sculpté au milieu, cèdre en haut, et un petit canal alimenté par l’eau d’un bras de l’oued qui longe un côté. En face de l’entrée, de l’autre côté de la rue, regardez la façade de la Dar al-Magana, l’horloge hydraulique dont les bols de bronze sont toujours accrochés. La salle de prière reste fermée aux non-musulmans, mais on la voit depuis la cour. Tout le détail de la visite est dans notre article consacré à la médersa Bou Inania.
La mosquée-université Al Quaraouiyine
Tout converge vers elle. Fondée en 857-859 et traditionnellement attribuée à Fatima al-Fihri, originaire de Kairouan, la Quaraouiyine est citée par l’UNESCO et le Guinness des records comme le plus ancien établissement d’enseignement supérieur en activité continue. La mosquée peut accueillir environ 22 000 fidèles et compte, selon les décomptes, dix-huit portes. Les non-musulmans n’y entrent pas, mais plusieurs portes ouvertes laissent voir la grande cour et ses fontaines : la vue la plus connue se prend depuis la porte qui donne près de la médersa Al Attarine. Restez sur le seuil, sans photographier les fidèles. L’histoire de l’institution, de sa bibliothèque et de ce qu’on peut réellement en apercevoir est racontée dans notre article sur la mosquée-université Al Quaraouiyine.
La médersa Al Attarine
Collée au flanc nord de la Quaraouiyine, au bout du souk des épices et des parfums qui lui donne son nom, la médersa Al Attarine est plus petite que Bou Inania, et c’est justement son intérêt. Construite entre 1323 et 1325 sous le sultan Abou Saïd Othman II, elle logeait entre cinquante et soixante étudiants venus pour l’essentiel du nord-ouest du Maroc. Sa cour étroite concentre le décor sur une surface réduite : colonnes de marbre, chapiteaux sculptés, frise de stuc d’une finesse que l’on n’égale nulle part ailleurs dans la ville. Si vous n’avez le temps que pour une médersa, prenez Bou Inania pour l’ampleur ; si vous en voyez deux, Attarine vous montrera ce que les artisans mérinides savaient faire sur quelques mètres carrés. Montez à l’étage si l’accès est ouvert : on y voit les cellules des étudiants et, depuis certaines fenêtres, le toit de la Quaraouiyine.
La zaouïa Moulay Idriss II
Le fondateur de la ville repose dans l’un des sanctuaires les plus vénérés du Maroc. En 1437, un corps découvert sur place est reconnu par les oulémas comme celui d’Idris II ; le sanctuaire prend alors son importance, et Moulay Ismaïl lui donne sa forme actuelle entre 1717 et 1720. On le repère de loin à son toit pyramidal de tuiles vertes et à son minaret, le plus haut de la vieille ville. Une poutre de bois barrait autrefois les rues d’accès pour marquer le horm, la zone sacrée où ni les non-musulmans ni les bêtes de somme ne pouvaient pénétrer. Aujourd’hui, les non-musulmans peuvent s’approcher des portes et regarder l’intérieur depuis le seuil, sans entrer. Autour, les échoppes vendent cierges, nougat et encens aux pèlerins : c’est l’une des ambiances les plus singulières de Fès.
La place et le musée Nejjarine
À deux pas de la zaouïa, la petite place Nejjarine réunit trois choses à voir en une : une fontaine publique couverte de zellige et de bois sculpté, le souk des menuisiers dont on entend les scies, et le fondouk Nejjarine. Cet ancien caravansérail, construit au début du XVIIIe siècle (1711 selon les sources locales) pour héberger marchands et marchandises, abrite depuis 1998 le musée des Arts et Métiers du bois. Sur trois niveaux autour d’une cour, on y voit des portes sculptées, des coffres, des instruments de musique et des outils de menuisier. Le vrai bonus est la terrasse, avec un café et une vue dégagée sur les toits de la médina. Tarif affiché autour de 20 DH d’après les informations disponibles, à vérifier sur place.
La place Seffarine
Juste au sud-est de la Quaraouiyine, la place Seffarine est la place des dinandiers : on y martèle le cuivre et le laiton au milieu d’un vacarme continu, à l’ombre d’un grand arbre. Chaudrons de mariage, plateaux, bassines : tout est fabriqué sous vos yeux. Sur un côté de la place se trouve la médersa Seffarine, la première médersa fondée par les Mérinides à Fès, en 1271, bien plus sobre que ses cadettes. C’est aussi un excellent repère : de la place Seffarine, les tanneries Chouara ne sont qu’à quelques minutes, et la mosquée des Andalous se trouve de l’autre côté de l’oued.
Les tanneries Chouara
La plus grande tannerie de Fès fonctionne le long de l’oued, dans le quartier des tanneurs, au nord-est de la Quaraouiyine. Des dizaines de cuves de pierre sont remplies de bains blanchâtres, où les peaux sont assouplies avec de la chaux, du sel et de la fiente de pigeon, puis de bains de teinture. Tout se fait à la main. Le site a été largement rénové dans le cadre du programme de réhabilitation de la médina, avec une grande partie des travaux achevés en 2016. On ne descend pas parmi les cuves : on regarde depuis les terrasses des boutiques de cuir qui entourent la tannerie. L’entrée est en principe libre, mais le vendeur attend en retour que vous regardiez sa marchandise ; un petit pourboire est d’usage si vous n’achetez rien. Venez en matinée, quand l’activité bat son plein, et gardez le brin de menthe qu’on vous tend. Pour tout comprendre du travail des tanneurs et choisir sa terrasse, lisez notre article sur les tanneries Chouara.

Le musée Al Batha des arts de l’Islam
À l’ouest de la médina, tout près de Bab Boujloud, le palais Dar Batha a été bâti entre 1886 et 1907 sous Moulay Hassan Ier puis Moulay Abdelaziz, avant de devenir musée dès 1915. Après des travaux lancés en 2019, il a rouvert le 26 février 2025 sous le nom de musée Al Batha des arts de l’Islam. On y trouve des manuscrits coraniques, des tapis, des céramiques au célèbre bleu de Fès, des objets de métal ciselé, des fragments architecturaux d’époque idrisside et le minbar du XIVe siècle de la médersa Bou Inania. Le jardin andalou, dessiné à l’époque du protectorat par le paysagiste Jean-Claude Nicolas Forestier, occupe plus de la moitié de la surface, autour d’un grand chêne vert. Selon la Fondation nationale des musées, le musée ouvre de 10 h à 18 h, sauf le mardi, et l’entrée coûte 60 DH pour les étrangers, 30 DH pour les Marocains et 15 DH pour les enfants. C’est la meilleure introduction possible à l’art que l’on voit ensuite dans les médersas.
Fès el-Jdid : le palais royal, le mellah et Jnan Sbil
On passe dans un autre monde : rues plus larges, remparts ocre, vendeurs moins pressants. Fès el-Jdid se visite en une demi-journée, à pied depuis Bab Boujloud (comptez une vingtaine de minutes par le jardin Jnan Sbil) ou en petit taxi.
Le palais royal de Fès
Le Dar el-Makhzen, fondé avec Fès el-Jdid en 1276, s’étend sur environ 80 hectares et reste une résidence du roi : il ne se visite pas. Ce que l’on vient voir, ce sont ses portes monumentales, construites entre 1969 et 1971 sur la place des Alaouites, avec leurs portes de bronze doré, leur zellige et leur cèdre sculpté. Venez tôt le matin ou en fin d’après-midi pour éviter les groupes. Les gardes tolèrent les photos des portes mais pas celles des gardes eux-mêmes ; restez sur la place.
Le mellah
Collé au palais, le mellah est l’ancien quartier juif de Fès, créé au XVe siècle, probablement par étapes. Son architecture surprend : les maisons ont des balcons en bois et en fer forgé ouverts sur la rue, alors que la maison fassie traditionnelle tourne le dos à la rue. Deux lieux justifient le détour : la synagogue Ibn Danan, datée du XVIIe siècle et généralement ouverte aux visiteurs avec un gardien (à vérifier sur place), et le vaste cimetière juif aux tombes blanchies à la chaux, en bordure du quartier. La communauté juive de Fès ne compte plus que très peu de membres ; le quartier est aujourd’hui habité par des familles musulmanes.
Le jardin Jnan Sbil
Entre Fès el-Jdid et Fès el-Bali, ce jardin d’environ 7,5 hectares a été créé sous Moulay Hassan Ier au XIXe siècle et ouvert au public en 1917. Restauré entre 2006 et 2010, il a rouvert en 2011 : bassins, allées de bambous, jardin andalou, norias. C’est l’endroit où les Fassis viennent souffler et le meilleur trait d’union à pied entre les deux médinas. Il est généralement fermé le lundi ; entrée libre d’après les informations disponibles, à vérifier.
Les hauteurs : tombeaux mérinides et Borj Nord
Une fois sur la colline au nord de la médina, on comprend Fès d’un seul coup d’œil. Les tombeaux mérinides, élevés au XIVe siècle, sont aujourd’hui des ruines : deux grands mausolées rectangulaires à arcs outrepassés et une petite coupole, quelques traces de stuc. Plusieurs sultans y furent inhumés, dont Abou Salim Ibrahim (mort en 1361) et Abd al-Haqq II, dernier souverain mérinide (mort en 1465). On y monte surtout pour la vue : toute la médina s’étale en contrebas, et à l’heure de la prière du soir les appels des muezzins montent de partout à la fois. L’agence de sauvegarde ADER-Fès a annoncé en 2024 un projet de restauration. Montez en petit taxi, restez en groupe et redescendez avant la nuit noire : le site est isolé.
Un peu plus à l’ouest, le Borj Nord est une forteresse construite en 1582 par le sultan saadien Ahmed al-Mansour pour surveiller la ville plus que pour la défendre. Devenu en 1963 le premier musée marocain consacré aux armes, il a longtemps présenté quelque 5 000 pièces venues de 35 pays, dont un canon saadien de près de 5 mètres. Le musée a déjà fermé pour travaux par le passé et ses horaires ne sont pas publiés officiellement en ligne. Renseignez-vous sur place avant de monter exprès.
Tableau récapitulatif : que faire à Fès et combien de temps y consacrer
| Lieu | Quartier | Temps conseillé | Type | Accès non-musulmans |
|---|---|---|---|---|
| Bab Boujloud | Fès el-Bali (ouest) | 15 min | Porte monumentale | Oui |
| Médersa Bou Inania | Fès el-Bali, Talaa Kebira | 45 min | Monument mérinide | Cour oui, salle de prière non |
| Musée Al Batha | Fès el-Bali (ouest) | 1 h 30 | Musée | Oui |
| Quaraouiyine | Fès el-Bali (centre) | 10 min (depuis les portes) | Mosquée-université | Non, vue depuis le seuil |
| Médersa Al Attarine | Fès el-Bali (centre) | 30 min | Monument mérinide | Oui |
| Zaouïa Moulay Idriss II | Fès el-Bali (centre) | 15 min | Sanctuaire | Non, vue depuis le seuil |
| Musée Nejjarine | Fès el-Bali (centre) | 1 h | Musée et fondouk | Oui |
| Place Seffarine | Fès el-Bali (centre) | 20 min | Artisanat | Oui |
| Tanneries Chouara | Fès el-Bali (nord-est) | 30 min | Artisanat | Oui |
| Palais royal | Fès el-Jdid | 20 min | Portes monumentales | Extérieur seulement |
| Mellah | Fès el-Jdid | 1 h 30 | Quartier historique | Oui |
| Jardin Jnan Sbil | Entre les deux médinas | 45 min | Jardin | Oui |
| Tombeaux mérinides | Colline nord | 45 min | Ruines et panorama | Oui |
| Borj Nord | Colline nord | 1 h | Forteresse et musée | Oui, si ouvert |
Les expériences à vivre : souks, hammam, cuisine et artisanat
Les souks
À Fès, le souk n’est pas un marché pour touristes posé dans un coin : c’est la ville elle-même, organisée par métiers depuis des siècles. Autour de la Quaraouiyine se succèdent le souk Attarine (épices, parfums), les marchands de babouches, les tisserands, les dinandiers de Seffarine, les menuisiers de Nejjarine, les marchands de henné. Sur la Talaa Kebira, les étals alimentaires dominent : dattes, olives, escargots cuits, têtes de mouton parfois. Le meilleur conseil : ne cherchez pas à tout acheter le premier jour. Repérez, comparez les prix entre deux ou trois boutiques, et négociez calmement. Un vendeur qui vous raccompagne à la porte en souriant n’est pas vexé, il prépare votre retour.
Le hammam
Chaque quartier de la médina possède son hammam, souvent près d’une mosquée ou d’un four à pain. Deux options : le hammam de quartier, très bon marché, où l’on apporte son savon noir, son gant de kessa et sa serviette, et où les horaires sont partagés entre hommes et femmes ; ou le hammam de riad ou de spa, plus cher mais pensé pour les visiteurs. Si vous tentez le hammam de quartier, demandez à votre hébergeur lequel vous recommande et à quelle heure y aller : c’est la meilleure façon de ne pas vous tromper d’horaire.
La cuisine fassie
Fès revendique l’une des cuisines les plus raffinées du pays, et elle a de bons arguments. Goûtez la pastilla, feuilletée, sucrée-salée, au pigeon ou au poulet ; la bessara, soupe épaisse de fèves arrosée d’huile d’olive et de cumin, servie le matin dans les gargotes de la médina ; le khlii, viande séchée et confite dans sa graisse, qui parfume les œufs du petit-déjeuner ; la harira le soir. Pour manger au milieu des Fassis, fiez-vous aux petites échoppes où l’on voit ce qui cuit. Pour un grand repas, les maisons d’hôtes de la médina servent souvent un dîner sur réservation. Un cours de cuisine avec passage au marché est l’une des activités les plus recommandées par les voyageurs qui l’ont fait.
L’artisanat
Le cuir de Chouara, le cuivre de Seffarine, le bois de Nejjarine : la médina entière est un atelier. À cela s’ajoutent la céramique au bleu de Fès et le zellige, fabriqués pour l’essentiel dans le quartier des potiers d’Aïn Nokbi, hors les murs près de Bab Ftouh, où certains ateliers acceptent les visiteurs. Si l’on vous emmène « voir une coopérative » sans l’avoir demandé, sachez que le guide touche une commission. Ce n’est pas un scandale, mais cela doit être votre choix.
Aux alentours de Fès : Volubilis, Meknès et Ifrane
Volubilis et Moulay Idriss Zerhoun. À environ 70 à 90 km de Fès selon l’itinéraire, soit 1 h 15 à 1 h 30 de route, Volubilis est la ville romaine la mieux conservée du Maroc, inscrite au patrimoine mondial en 1997. On y marche entre l’arc de Caracalla (217 apr. J.-C.), la basilique, le Capitole et des maisons aux mosaïques encore en place, comme la maison d’Orphée. À environ 5 km, la ville sainte de Moulay Idriss Zerhoun, où repose Idris Ier, s’accroche à sa colline ; le mausolée est fermé aux non-musulmans. Il n’y a pas d’ombre sur le site : partez tôt. Le tarif et les horaires sont à vérifier auprès de la conservation du site. Pour organiser la journée, voyez notre article Volubilis et Moulay Idriss depuis Fès.
Meknès. L’ancienne capitale de Moulay Ismaïl (règne 1672-1727), inscrite au patrimoine mondial en 1996, se trouve à une soixantaine de kilomètres. C’est l’excursion la plus simple : les trains de l’ONCF relient les deux villes en 35 à 45 minutes environ, avec des départs fréquents. Sur place, la porte Bab Mansour, achevée en 1732 par Moulay Abdallah, la place el-Hedim et les greniers et bassins de Moulay Ismaïl suffisent à remplir une journée. On combine souvent Volubilis et Meknès dans la même sortie, en voiture avec chauffeur.
Ifrane et les cèdres. À environ 65 à 70 km au sud par la route, Ifrane est une ville de montagne créée en 1929 par l’administration française, à plus de 1 650 m d’altitude, avec ses chalets et ses toits pentus qui lui valent le surnom de « petite Suisse ». L’intérêt est surtout autour : les forêts de cèdres du Moyen Atlas, où vivent des magots, les singes de Barbarie, espèce menacée. Ne les nourrissez pas, même si on vous vend des cacahuètes pour ça. En hiver, la neige est fréquente.
Infos pratiques pour visiter Fès
Arriver et se déplacer
L’aéroport de Fès-Saïss se trouve à environ 13 à 15 km du centre. Des taxis attendent à la sortie du terminal, avec un tarif forfaitaire vers la ville d’environ 150 DH selon les informations disponibles (à confirmer avant de monter) ; une ligne de bus, la 16, relie aussi l’aéroport à la gare. La gare ONCF, en Ville nouvelle, dessert Meknès, Rabat, Casablanca et Tanger. Dans la médina, on marche : aucune voiture ne pénètre dans Fès el-Bali. Pour passer d’un quartier à l’autre, les petits taxis rouges sont nombreux et bon marché ; exigez le compteur.
Guide ou pas guide ?
Pour une première visite, un guide officiel, muni d’une carte délivrée par les autorités, fait gagner beaucoup de temps le premier jour. Réservez-le par votre hébergement plutôt que d’accepter les « guides » qui vous abordent à Bab Boujloud. Le deuxième jour, lancez-vous seul : les applications de cartographie hors ligne fonctionnent de mieux en mieux dans la médina, et les panneaux de couleur installés aux carrefours principaux indiquent les grands circuits. Si un jeune homme vous affirme que « c’est fermé par là » ou que la tannerie est « de l’autre côté », il y a de bonnes chances que ce soit faux.
Tenue, horaires et meilleur moment
Fès est une ville conservatrice : épaules et genoux couverts sont une marque de respect, en particulier autour des sanctuaires. Prenez de bonnes chaussures fermées, car les pavés sont glissants et on croise des mulets. Le vendredi, beaucoup de boutiques de la médina ferment en fin de matinée pour la grande prière, et certains monuments modifient leurs horaires ; programmez plutôt les musées ce jour-là. Les meilleures saisons sont le printemps et l’automne. L’été est chaud, avec des maximales moyennes proches de 35 °C en juillet ; l’hiver est frais et parfois pluvieux. Le Festival de Fès des musiques sacrées du monde se tient en général entre fin mai et début juin, notamment à Bab Makina ; vérifiez les dates de l’édition en cours.
| Lieu | Horaires indicatifs | Tarif indicatif | Remarque |
|---|---|---|---|
| Musée Al Batha | 10 h – 18 h, fermé le mardi | 60 DH étrangers, 30 DH Marocains, 15 DH enfants | Données de la Fondation nationale des musées |
| Médersa Bou Inania | Journée, avec pause pendant les prières ; matin seulement le vendredi | Autour de 20 DH | À vérifier sur place |
| Médersa Al Attarine | Journée, pause possible pendant les prières | Autour de 20 DH | À vérifier sur place |
| Musée Nejjarine | Autour de 10 h – 17 h | Autour de 20 DH | À vérifier sur place |
| Tanneries Chouara | Journée, plus actives le matin | Gratuit depuis les boutiques ; pourboire d’usage | Vue depuis les terrasses |
| Jardin Jnan Sbil | Journée, fermé le lundi en général | Entrée libre | À vérifier sur place |
| Tombeaux mérinides | Accès libre | Gratuit | Éviter la nuit tombée |
| Volubilis | À partir de 8 h 30 jusqu’à la fin d’après-midi | Non communiqué officiellement en ligne | Se renseigner auprès de la conservation |
Que faire à Fès en deux ou trois jours : un itinéraire réaliste
Jour 1, la descente de Fès el-Bali. Musée Al Batha à l’ouverture, Bab Boujloud, médersa Bou Inania, puis la Talaa Kebira jusqu’au cœur de la médina. Déjeuner simple. L’après-midi : zaouïa Moulay Idriss II depuis ses portes, place et musée Nejjarine, médersa Al Attarine, portes de la Quaraouiyine, place Seffarine. Sortie par Bab Rcif et taxi.
Jour 2, tanneries et Fès el-Jdid. Tanneries Chouara tôt le matin, puis flânerie sans but dans les souks. L’après-midi, taxi pour la place des Alaouites et le palais royal, visite du mellah et de la synagogue Ibn Danan, retour à pied par le jardin Jnan Sbil. En fin de journée, taxi pour les tombeaux mérinides au coucher du soleil.
Jour 3, dehors. Volubilis et Moulay Idriss le matin, Meknès l’après-midi ; ou, en été, la fraîcheur d’Ifrane et des cèdres. Si vous n’avez qu’une journée sur place, notre itinéraire Fès en 1 jour fait les choix difficiles pour vous.
Les erreurs qui gâchent une visite de Fès
- Vouloir tout voir en un jour : on ressort épuisé et on n’a rien regardé. Deux jours sont un minimum.
- Suivre un inconnu qui propose de vous montrer le chemin : la balade finit presque toujours dans une boutique.
- Tenter d’entrer dans la Quaraouiyine ou la zaouïa Moulay Idriss II quand on n’est pas musulman : restez au seuil.
- Photographier les gens sans leur demander, en particulier les femmes, les artisans et les tanneurs.
- Arriver aux tanneries à midi : la lumière est dure et l’activité ralentit.
- Oublier que le vendredi change le rythme de la médina.
- Changer de l’argent dans la médina à un mauvais taux : utilisez les distributeurs des banques.
FAQ : que faire à Fès
Combien de jours faut-il pour visiter Fès ?
Deux jours pleins permettent de voir l’essentiel de Fès el-Bali et de Fès el-Jdid sans courir. Comptez trois ou quatre jours si vous voulez ajouter une excursion à Volubilis, Meknès ou Ifrane, ou simplement prendre le temps des souks et d’un hammam.
Peut-on visiter la mosquée Al Quaraouiyine ?
Non, pas à l’intérieur pour les non-musulmans. En revanche, plusieurs de ses portes restent ouvertes et laissent voir la cour et ses fontaines. Pour voir l’architecture de la même époque de l’intérieur, visitez les médersas Al Attarine et Bou Inania.
Quel est le plus beau monument de Fès ?
Pour la plupart des visiteurs, c’est la médersa Bou Inania, à la fois vaste, complète et ouverte au public. Les amateurs de détail lui préfèrent souvent la médersa Al Attarine, plus petite mais d’un décor plus dense.
Faut-il un guide pour visiter la médina de Fès ?
Ce n’est pas obligatoire, mais un guide officiel réservé par votre hébergement est très utile le premier jour pour comprendre l’organisation de la médina. Ensuite, on peut explorer seul avec une carte hors ligne.
Les tanneries Chouara sont-elles payantes ?
La vue se prend depuis les terrasses des boutiques de cuir, en principe sans billet. Le vendeur espère une visite de sa boutique ; si vous n’achetez rien, un petit pourboire est d’usage.
Quelle est la meilleure saison pour aller à Fès ?
Le printemps et l’automne offrent des températures agréables pour marcher. L’été est chaud en journée, avec des moyennes maximales proches de 35 °C en juillet, et l’hiver peut être frais et pluvieux.
Que faire à Fès le vendredi ?
Le vendredi, beaucoup de boutiques de la médina ferment vers midi pour la grande prière et certains monuments raccourcissent leurs horaires. C’est un bon jour pour le musée Al Batha, le jardin Jnan Sbil, Fès el-Jdid ou une excursion.
Fès est-elle une ville sûre pour les visiteurs ?
La médina est animée et les désagréments les plus fréquents sont les faux guides et l’insistance commerciale. Les précautions habituelles suffisent : sac fermé, refus poli et ferme, et pas de balade isolée aux tombeaux mérinides après la tombée de la nuit.
En résumé
Fès se visite en trois temps : la descente de Fès el-Bali, de Bab Boujloud à la Quaraouiyine, avec les médersas, les musées et les tanneries ; la Fès royale de Fès el-Jdid, avec le palais, le mellah et Jnan Sbil ; et le panorama depuis les tombeaux mérinides. Donnez-lui deux jours au minimum, respectez les lieux saints que l’on ne voit que depuis le seuil, et gardez une journée pour Volubilis ou Meknès. Tout le reste, les souks, le hammam, la cuisine, vient en marchant.
Sources officielles
- UNESCO, Centre du patrimoine mondial : Médina de Fès
- UNESCO, Centre du patrimoine mondial : Site archéologique de Volubilis
- Fondation nationale des musées : Musée Al Batha des arts de l’Islam
- ONDA, Aéroports du Maroc
- ONCF, Office national des chemins de fer
Cet article est informatif. Les tarifs, horaires et conditions d’accès des monuments et musées de Fès sont susceptibles d’évoluer ; ils ont été vérifiés en septembre 2026 et doivent être confirmés sur place avant votre visite.
Crédit photo
Illustrations : image à la une « File:View of Fez Medina (4783674098).jpg » — Mike Prince from Bangalore, India (CC BY 2.0) ; « File:Main courtyard of Bou Inania Madrasa, Fez, Marocco.jpg » — Petar Milošević (CC BY-SA 4.0) ; « File:Fez Chouara Tannery (54238811596).jpg » — Jorge Franganillo (CC BY 2.0), via Wikimedia Commons.



