Musée Nejjarine à Fès : histoire, collections et visite

Galeries en bois sculpté du musée Nejjarine à Fès, avec arcs et balustrades en moucharabieh autour de la cour

Le musée Nejjarine des arts et métiers du bois occupe à Fès un ancien fondouk bâti en 1711 sous le sultan Moulay Ismaïl, sur la place des menuisiers, en plein cœur de la médina de Fès el-Bali ; on y visite en une heure environ des portes monumentales, des coffres, des instruments de musique et des outils d’artisans, avant de monter sur une terrasse d’où l’on voit les toits de la vieille ville. Le lieu mérite le détour autant pour le bâtiment que pour les collections, et c’est l’une des rares visites de la médina où l’on peut s’asseoir au calme, un thé à la main, à deux minutes des ruelles les plus encombrées.

Cette page s’adresse à ceux qui veulent comprendre ce qu’ils regardent : pourquoi un caravansérail est devenu un musée, ce que raconte la fontaine placée devant la porte, comment lire le décor du portail, ce qu’il y a vraiment à voir à l’intérieur et comment s’y rendre sans passer vingt minutes à tourner en rond. Les autres monuments de la ville ont leur propre article dans notre série ; ici, on reste sur la place Nejjarine et ses abords immédiats.

En bref

  • Le fondouk Nejjarine a été construit en 1711 (1123 de l’hégire) sous le règne de Moulay Ismaïl, pour loger marchands et marchandises.
  • Le bâtiment a été classé monument historique en 1916 et fait partie de la médina de Fès, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1981.
  • Restauré dans les années 1990 grâce à la Fondation Mohammed Karim Lamrani, il abrite depuis le 23 mai 1998 le musée Nejjarine des arts et métiers du bois.
  • Les collections sont organisées autour de trois usages du bois : l’architecture, la maison et le domaine religieux ou savant.
  • La fontaine de la place, décorée de zellige, est plus tardive : elle est attribuée au sultan Moulay Abderrahmane (règne 1822-1859).
  • Une terrasse avec salon de thé offre une vue sur les toits de la médina ; comptez 45 minutes à 1 h 30 de visite.
  • Entrée payante (de l’ordre de 20 à 30 dirhams selon les relevés récents), horaires de jour, à vérifier sur place.
Vue plongeante sur la place Nejjarine et les toits de la médina de Fès depuis la terrasse du musée Nejjarine

Musée Nejjarine : un musée du bois dans un caravansérail

À Fès, le bois n’est pas un matériau secondaire. Il couvre les plafonds des médersas, il ferme les maisons, il porte les auvents au-dessus des fontaines, il sert à fabriquer les tables basses, les métiers à tisser, les planchettes sur lesquelles les enfants apprenaient le Coran. Le musée Nejjarine a été conçu pour garder la mémoire de ces savoir-faire, à un moment où les ateliers traditionnels voyaient arriver les machines et les bois importés.

Le choix du lieu n’a rien d’un hasard. « Nejjarine » vient du mot arabe najjar, le menuisier : la place et le quartier sont occupés depuis des siècles par les artisans du bois, et l’on entend encore aujourd’hui les rabots et les scies dans les échoppes voisines. Installer un musée du bois dans le fondouk des menuisiers, c’est exposer les objets à quelques mètres de là où certains ont pu être fabriqués.

Il faut aussi dire clairement ce qu’est ce musée et ce qu’il n’est pas. Ce n’est pas une institution d’État : c’est un musée privé, géré par la Fondation Mohammed Karim Lamrani, reconnue d’utilité publique. Ce n’est pas non plus un musée immense : les salles se parcourent vite, et le bâtiment lui-même constitue la moitié de l’intérêt. Ceux qui cherchent une grande collection d’arts marocains toutes disciplines confondues iront plutôt au musée Dar Batha, consacré aux arts traditionnels de Fès ; les deux visites se complètent bien.

Histoire du fondouk Nejjarine, de 1711 à aujourd’hui

Un fondouk voulu sous Moulay Ismaïl

Le fondouk a été édifié en 1711, soit 1123 de l’hégire, sous le règne du sultan alaouite Moulay Ismaïl. Les notices de référence citent comme commanditaire un amin, c’est-à-dire un responsable chargé de la gestion pour le compte du pouvoir, nommé ʿAdiyil. Le Makhzen, l’administration royale, y avait des intérêts : le bâtiment servait à la fois d’entrepôt et de lieu d’hébergement pour les négociants de passage, notamment ceux qui venaient de l’intérieur du pays avec des marchandises de valeur.

Le principe d’un fondouk est simple et efficace. Au rez-de-chaussée, autour de la cour, on abritait les bêtes de somme et on stockait les ballots ; aux étages, des chambres s’ouvraient sur des galeries et accueillaient les voyageurs. Le fondouk Nejjarine en compte cinquante et une selon la fondation qui l’a restauré. Avant le protectorat, certaines chambres appartenaient à des marchands, dont des commerçants juifs de Fès, et au XIXe siècle un bureau de poste a fonctionné dans une petite échoppe entre le bâtiment et la fontaine.

Pour les historiens de l’architecture, l’intérêt du fondouk tient à sa date. Il illustre les tendances décoratives du début de l’époque alaouite, à une période où Moulay Ismaïl concentrait l’essentiel de ses grands chantiers à Meknès. Voir à Fès un bâtiment civil de cette qualité, et aussi bien conservé, n’est pas si fréquent.

Monument historique, puis commissariat

Le fondouk est classé monument historique en 1916, dans les premières années du protectorat français. Le classement ne l’a pas empêché de changer d’usage : au cours du XXe siècle, il a notamment servi de commissariat de police sous le protectorat, puis d’internat pour étudiants. Faute d’entretien, il s’est fortement dégradé et a été abandonné dans les années 1970. Quand on regarde aujourd’hui les boiseries impeccables des galeries, on mesure mal l’état de ruine partielle dans lequel se trouvait le bâtiment une vingtaine d’années avant l’ouverture du musée.

La restauration financée par Mohammed Karim Lamrani

Le sauvetage vient d’un enfant de Fès. Mohammed Karim Lamrani, né dans la ville en 1919 et mort en 2018, fut à trois reprises Premier ministre du Maroc sous Hassan II et un homme d’affaires de premier plan. L’initiative de sauver l’ensemble Nejjarine est venue de l’association Fès-Saïss, du ministère de l’Intérieur et des autorités locales de la ville ; Karim Lamrani a accepté d’en financer la restauration, puis sa fondation a pris en charge le musée.

Les travaux ont commencé en 1990 et se sont achevés en octobre 1996 d’après la présentation publiée par CEMA, entreprise du mécène. Ils ne se limitaient pas au fondouk : un comité pluridisciplinaire a suivi la restauration de la place, de la fontaine, de la mosquée voisine et du quartier artisanal. Le coût annoncé est de 18 millions de dirhams. Le musée a été inauguré le 23 mai 1998. Le résultat est très propre, presque neuf par endroits : gardez en tête, en regardant les galeries, qu’une partie des boiseries a été refaite dans les années 1990 par des artisans d’aujourd’hui, ce qui est en soi une démonstration vivante du savoir-faire que le musée expose.

DateÉvénement
1711 (1123 H)Construction du fondouk sous Moulay Ismaïl, commandité par l’amin ʿAdiyil
1822-1859Règne de Moulay Abderrahmane, à qui est attribuée la fontaine de la place
XIXe siècleBureau de poste dans une échoppe entre le fondouk et la fontaine
1916Classement comme monument historique
XXe siècleUsages successifs : commissariat de police, internat
Années 1970Abandon du bâtiment, très dégradé
1981Inscription de la médina de Fès au patrimoine mondial de l’UNESCO
1990-1996Restauration de l’ensemble (fondouk, place, fontaine, mosquée, quartier)
23 mai 1998Inauguration du musée Nejjarine des arts et métiers du bois
Chronologie du fondouk et du musée Nejjarine (sources : ArchNet, Discover Islamic Art, Fondation Karim Lamrani via CEMA).

La place Nejjarine, sa fontaine et le souk des menuisiers

La place elle-même est petite, légèrement irrégulière, et l’on y débouche souvent sans s’y attendre au détour d’une ruelle. Trois éléments la composent : la façade du fondouk, la fontaine adossée à côté de son portail, et les ateliers de menuiserie qui bordent les rues alentour. C’est cet ensemble, plus que chaque élément isolé, qui en fait l’une des places les plus photographiées de Fès.

La fontaine de Moulay Abderrahmane

La fontaine, ou saqqaya, n’est pas contemporaine du fondouk : elle est attribuée au sultan Moulay Abderrahmane, qui régna de 1822 à 1859, soit plus d’un siècle après la construction du caravansérail. Le fondouk et la fontaine forment pourtant aujourd’hui un seul ensemble, et c’est bien ainsi qu’on les photographie : l’œil ne sépare plus l’un de l’autre.

Regardez la de près. Un bassin rectangulaire, qui servait aussi d’abreuvoir pour les chevaux, surmonté d’un grand panneau de zellige où dominent des bleus, des jaunes et des rouges, à motifs géométriques et floraux. Au-dessus, un arc aveugle, du stuc sculpté, des demi-colonnes qui soutiennent des linteaux de bois, et enfin un auvent de cèdre qui protège le décor de la pluie. C’est un bon résumé, en deux mètres carrés, des trois matériaux du décor fassi : la céramique, le plâtre et le bois.

Le souk des menuisiers, toujours au travail

Le musée aurait moins de sens sans le quartier. Dans les ruelles qui partent de la place, les menuisiers fabriquent encore des portes, des cadres, des tables, des coffres de mariage, des éléments de charpente. L’odeur de cèdre fraîchement coupé vous prévient avant même que vous ne voyiez les copeaux. Prenez cinq minutes avant ou après la visite pour regarder un artisan travailler : on comprend alors mieux les outils exposés dans les vitrines, qui ne sont pas des reliques mais les ancêtres directs de ce qu’on utilise encore à trois portes de là. Pour situer ce souk dans l’ensemble des marchés spécialisés de la ville, voyez notre guide des souks de Fès.

Un conseil de politesse : demandez avant de photographier un artisan en plein travail. La plupart acceptent volontiers, certains attendent un geste ou un achat, quelques-uns refusent, et c’est leur droit.

Lire l’architecture du fondouk

Le portail, première pièce du musée

Avant de payer votre billet, arrêtez-vous devant l’entrée. Le portail mesure environ 5 mètres de haut pour 3 de large. Il associe un arc outrepassé, dit en fer à cheval, posé sur des piliers de brique, un arc polylobé en plâtre sculpté, des panneaux de zellige à décor floral et épigraphique, et un auvent de bois en encorbellement, avec ses arcs et ses poutres. Levez les yeux sous cet auvent : le travail de sculpture du bois y est plus fin qu’on ne le croit depuis la place. La lourde porte à vantaux complète la composition.

La cour et les galeries

Une fois la porte franchie, le bruit de la médina retombe presque d’un coup. Le plan est rectangulaire, organisé autour d’une cour centrale bordée sur ses quatre côtés de galeries superposées. On compte un rez-de-chaussée et plusieurs niveaux supérieurs, puis la terrasse. Les balustrades, les arcs et les moucharabiehs des galeries sont en bois ; la lumière qui tombe du ciel ouvert de la cour se découpe sur ces grilles et change beaucoup selon l’heure. Dans la cour, une grande balance de marchand en métal, qui servait à peser les marchandises, rappelle la fonction commerciale du lieu.

Les chambres, devenues salles d’exposition

Les anciennes chambres des voyageurs, de tailles variées, ouvrent sur les galeries. Ce sont elles qui accueillent aujourd’hui les vitrines. Elles sont étroites et assez sombres, ce qui oblige à entrer une par une et donne au parcours un rythme particulier : on alterne entre la pénombre d’une salle et la clarté de la galerie. C’est aussi pour cela que la visite paraît plus longue qu’elle ne l’est réellement.

Portail du musée Nejjarine à Fès avec auvent en bois de cèdre et fontaine en zellige au premier plan

Les collections du musée Nejjarine, par thème

Le parcours est organisé autour de trois thèmes, présentés par le conseil régional du tourisme de Fès : le bois dans l’architecture, le bois dans la vie domestique et le bois liturgique. Des outils d’artisans et des pièces de mobilier, anciennes comme contemporaines, complètent l’ensemble. Le nombre exact d’objets exposés n’est pas publié de façon officielle.

Le bois dans l’architecture

C’est la partie la plus spectaculaire. On y voit des portes monumentales, des vantaux sculptés, des fragments de plafonds, des linteaux et des consoles, des panneaux de moucharabieh. Voir ces éléments à hauteur d’œil change tout : dans une médersa, un plafond sculpté se regarde à dix mètres de distance et en contre-jour ; ici, on distingue le coup de gouge, les entrelacs, les inscriptions, parfois les restes de peinture. Si vous comptez visiter ensuite les grandes médersas de la ville, passez d’abord ici : vous regarderez leurs boiseries autrement.

Le bois dans la maison

Deuxième registre : les objets du quotidien. Coffres sculptés ou peints qui recevaient le trousseau et le linge, tables basses, étagères, mobilier et ustensiles de la vie courante. Le musée expose aussi des instruments de musique, qui montrent que l’artisan du bois pouvait être aussi luthier. C’est souvent la partie que les enfants préfèrent, parce que les objets ont une fonction qu’on devine.

Le bois du sacré et du savoir

Troisième registre : le bois liturgique et scolaire. On y trouve des planchettes coraniques, ces tablettes de bois sur lesquelles les élèves des écoles traditionnelles écrivaient à l’encre les versets à mémoriser avant de les effacer, des objets de mosquée, des chapelets. Ces pièces modestes racontent autant l’histoire de Fès que les portes monumentales : la ville de la Qaraouiyine est d’abord une ville de savants et d’écoles.

Outils, essences et techniques

Une partie de la collection est consacrée aux outils des menuisiers et des sculpteurs : instruments pour débiter, raboter, creuser et mesurer le bois. C’est la section la plus sous-estimée du musée. Les panneaux expliquent aussi les essences utilisées, au premier rang desquelles le cèdre de l’Atlas, dont les forêts du Moyen Atlas se trouvent à moins de deux heures de route de Fès. Retenez trois techniques que vous verrez partout ensuite dans la ville :

  • la sculpture en creux et en relief, qui donne les entrelacs et les inscriptions des portes et des plafonds ;
  • le bois peint, appelé zouaq, aux motifs floraux colorés, surtout sur les coffres et les plafonds domestiques ;
  • le moucharabieh, assemblage de petites pièces tournées qui laisse passer l’air et la lumière tout en protégeant des regards.
ThèmeCe qu’on y voitÀ regarder de près
Bois architecturalPortes, vantaux, fragments de plafonds, consoles, moucharabiehsLes inscriptions sculptées et les traces de peinture ancienne
Bois domestiqueCoffres, tables basses, ustensiles, instruments de musiqueLes coffres peints en zouaq et les assemblages sans clous
Bois liturgique et scolairePlanchettes coraniques, objets de mosquée, chapeletsL’usure des planchettes, polies par des générations d’élèves
OutilsOutils de menuisier et de sculpteur sur boisComparez avec les outils des ateliers de la place
BâtimentPortail, cour, galeries, balance de marchand, terrasseL’auvent de cèdre du portail et la lumière sur les galeries
Ce qu’il faut voir au musée Nejjarine, thème par thème.

La terrasse panoramique et son salon de thé

La terrasse est la bonne surprise de la visite. On y accède par l’escalier, après le dernier niveau de galeries, et on y trouve un salon de thé. La vue embrasse les toits plats de la médina, les minarets et, par temps clair, les collines qui entourent la ville. Même si vous n’avez pas le temps de voir toutes les salles, montez : c’est l’un des rares points de vue en hauteur accessibles facilement au centre de Fès el-Bali, et l’endroit idéal pour une pause.

Deux remarques pratiques. Le salon de thé peut fermer plus tôt que le musée ou ne pas fonctionner certains jours : ne comptez pas dessus pour déjeuner. Et la terrasse est exposée : en été, entre 13 h et 16 h, le soleil y est écrasant, alors qu’en fin d’après-midi la lumière rasante sur les toits est la plus belle.

Visiter le musée Nejjarine : infos pratiques

ÉlémentInformation
AdressePlace Nejjarine, médina de Fès el-Bali
StatutMusée privé géré par la Fondation Mohammed Karim Lamrani
HorairesTous les jours de 10 h à 17 h 30 selon le conseil régional du tourisme de Fès (certaines sources indiquent une fermeture plus tardive) ; à vérifier sur place, notamment pendant le ramadan et les jours fériés
TarifEntrée payante, de l’ordre de 20 à 30 dirhams par adulte selon les relevés récents ; prix non publié officiellement en ligne
Durée45 minutes pour l’essentiel, 1 h 30 avec la terrasse et le souk
PhotosLa règle a varié selon les périodes et peut être plus stricte dans les salles que dans la cour ou sur la terrasse ; suivez les consignes affichées et celles du personnel
AccessibilitéEscaliers pour accéder aux étages et à la terrasse ; pas d’ascenseur signalé
Meilleur momentÀ l’ouverture ou en fin d’après-midi, en semaine
Fiche pratique du musée Nejjarine. Horaires et tarifs susceptibles d’évoluer.

Y aller à pied depuis Bab Boujloud

Depuis la porte bleue de Bab Boujloud, l’itinéraire le plus lisible est de descendre la Talaa Kebira, la grande rue qui traverse la médina en pente. Suivez-la jusqu’au bout, là où elle débouche sur les souks du centre, vers le souk Attarine et les abords du sanctuaire de Moulay Idriss II. La place Nejjarine se trouve à quelques dizaines de mètres de ce secteur. Comptez de 15 à 25 minutes de marche selon l’affluence et vos arrêts. Le musée est généralement indiqué par les panneaux touristiques de la médina ; en cas de doute, demandez aux commerçants plutôt qu’aux jeunes qui proposent spontanément de vous guider.

Pour vous repérer dans la médina au-delà de ce trajet, notre guide de la médina de Fès el-Bali détaille les portes, les grands axes et la logique des quartiers.

Depuis l’aéroport, la gare ou en taxi

Aucune voiture n’entre dans la médina. Un petit taxi vous déposera à l’une des portes (Bab Boujloud est la plus pratique pour suivre l’itinéraire ci-dessus), puis vous finirez à pied. Si vous arrivez en avion, l’aéroport de Fès-Saïss se trouve au sud de la ville : notre guide de l’aéroport de Fès-Saïss explique les options pour rejoindre le centre, et le comparatif des transferts depuis les aéroports du Maroc vous aide à choisir entre taxi, navette et transfert privé. Beaucoup de riads proposent aussi de faire accompagner leurs clients jusqu’à la porte dès l’arrivée, ce qui évite de chercher l’adresse avec ses bagages.

Tenue, durée et meilleur moment

Le musée est un lieu culturel ouvert à tous, sans restriction religieuse. Aucune tenue particulière n’est exigée, mais le quartier environnant est l’un des plus religieux de la médina, à deux pas du sanctuaire de Moulay Idriss II : épaules et genoux couverts sont simplement la façon la plus respectueuse de s’y promener. Portez des chaussures qui tiennent bien, les escaliers intérieurs sont raides et les ruelles glissantes par temps de pluie.

Le vendredi en fin de matinée et en début d’après-midi, le quartier sacré voisin est très fréquenté à l’heure de la grande prière, et beaucoup de boutiques ferment : c’est un moment peu propice pour combiner le musée et les souks. En semaine, venir à l’ouverture permet de profiter de la cour presque vide, avant l’arrivée des groupes guidés qui passent souvent en fin de matinée.

Les erreurs à éviter

  • Se contenter de la photo de la fontaine. La plupart des groupes s’arrêtent cinq minutes devant la façade et repartent : l’intérieur vaut largement le prix du billet.
  • Sauter les outils. Les vitrines d’outils paraissent austères ; ce sont pourtant elles qui donnent la clé de tout le reste.
  • Photographier dans les salles sans vérifier. Regardez les panneaux ou demandez au personnel ; de toute façon, la cour et la terrasse offrent assez de belles images.
  • Suivre un faux guide. Les rabatteurs qui proposent de « montrer le musée » vous mèneront aussi, le plus souvent, vers une boutique. L’itinéraire est court et fléché.
  • Arriver juste avant la fermeture. Moins d’une heure avant, vous devrez choisir entre les salles et la terrasse, qui ferme avec le musée.
  • Oublier de lever les yeux sur la place. L’auvent de cèdre du portail et celui de la fontaine sont deux pièces d’exposition gratuites.

Aux alentours de la place Nejjarine

La place est au centre de gravité de la médina, et presque tout ce que Fès a de plus célèbre se trouve à moins de dix minutes de marche. Quelques idées pour enchaîner, chacune détaillée dans notre guide que faire à Fès :

  • Le sanctuaire de Moulay Idriss II, tout proche : l’intérieur est réservé aux musulmans, mais on peut regarder par les portes et longer le quartier sacré, dont les accès sont marqués par des barres de bois horizontales.
  • Le souk Attarine, l’ancien marché des épiciers et parfumeurs, et la kissaria, où se vendent tissus et vêtements.
  • La médersa Attarine, collège du XIVe siècle célèbre pour ses stucs et ses boiseries, à quelques minutes, pour voir en place ce que le musée montre en vitrine.
  • La mosquée Qaraouiyine, dont on aperçoit la cour depuis les portes (entrée réservée aux musulmans).
  • La place Seffarine et ses dinandiers, qui martèlent le cuivre en plein air, un peu plus à l’est.

Un circuit logique d’une demi-journée : musée Nejjarine à l’ouverture, pause sur la terrasse, sanctuaire de Moulay Idriss vu de l’extérieur, souk Attarine, médersa Attarine, puis descente vers la place Seffarine. Vous aurez vu l’essentiel du cœur de Fès el-Bali sans jamais marcher plus d’un kilomètre.

FAQ sur le musée Nejjarine

Combien coûte l’entrée du musée Nejjarine ?

L’entrée est payante et coûte de l’ordre de 20 à 30 dirhams par adulte selon les relevés récents. Le tarif n’est pas publié officiellement en ligne : prévoyez de la monnaie en dirhams et vérifiez le prix affiché à la caisse.

Quels sont les horaires du musée Nejjarine ?

Le conseil régional du tourisme de Fès indique une ouverture tous les jours de 10 h à 17 h 30 ; certaines sources mentionnent une fermeture plus tardive. Les horaires peuvent être réduits pendant le ramadan et certains jours fériés : vérifiez sur place ou auprès de votre hébergement.

De quand date le fondouk Nejjarine ?

Le fondouk a été construit en 1711, soit 1123 de l’hégire, sous le règne du sultan Moulay Ismaïl. La fontaine de la place est plus tardive et attribuée à Moulay Abderrahmane, qui régna de 1822 à 1859.

Qui gère le musée Nejjarine ?

C’est un musée privé géré par la Fondation Mohammed Karim Lamrani, reconnue d’utilité publique. Le mécène, ancien Premier ministre originaire de Fès, a financé la restauration de l’ensemble Nejjarine dans les années 1990 ; le musée a été inauguré le 23 mai 1998.

Peut-on prendre des photos dans le musée Nejjarine ?

La cour, les galeries et la terrasse se photographient sans difficulté dans la plupart des cas ; la règle dans les salles d’exposition a varié selon les périodes. Aucune consigne officielle n’est publiée en ligne : suivez les panneaux affichés et les indications du personnel.

Combien de temps faut-il pour visiter le musée Nejjarine ?

Comptez 45 minutes pour les salles et le bâtiment, et jusqu’à 1 h 30 si vous prenez un thé sur la terrasse et faites un tour dans le souk des menuisiers voisin.

Le musée Nejjarine est-il ouvert aux non-musulmans ?

Oui. C’est un musée, ouvert à tous les visiteurs sans distinction. Seuls les lieux de culte voisins, comme le sanctuaire de Moulay Idriss II et la mosquée Qaraouiyine, sont réservés aux musulmans.

Le musée Nejjarine vaut-il la visite si l’on a peu de temps ?

Oui, parce qu’il est central et rapide à visiter. Avec une seule journée à Fès, il s’intègre sans détour entre le quartier de Moulay Idriss et le souk Attarine, et sa terrasse offre l’une des rares vues en hauteur faciles d’accès sur la médina.

En résumé

Le musée Nejjarine réunit trois bonnes raisons de s’arrêter : un fondouk de 1711 parmi les mieux restaurés de Fès, une fontaine du XIXe siècle qui résume à elle seule le décor fassi, et des collections qui apprennent à regarder le bois de la ville entière, des portes des maisons aux plafonds des médersas. Venez tôt, montez sur la terrasse, passez cinq minutes chez les menuisiers de la place, et gardez le reste de la matinée pour le quartier de Moulay Idriss et le souk Attarine, à quelques pas. C’est une visite courte, peu chère, et de celles qui rendent la suite du séjour plus intéressante.

Sources officielles

Article informatif, mis à jour en septembre 2026. Les tarifs, horaires et règles de visite du musée Nejjarine sont susceptibles d’évoluer : vérifiez-les sur place avant votre visite.

Crédit photo

Illustrations : image à la une « File:Fondouk el-Nejjarine (Old name- Fes (5364129707)).jpg » — Michal Osmenda from Brussels, Belgium (CC BY-SA 2.0) ; « File:Place nejjarine from above.jpg » — Robert Prazeres (CC BY-SA 4.0) ; « File:Place-an-Nejjarine (4783710686).jpg » — Mike Prince from Bangalore, India (CC BY 2.0), via Wikimedia Commons.

Défiler vers le haut