Le musée Tiskiwin, la maison-musée du collectionneur néerlandais Bert Flint installée au 8, rue de la Bahia, à Marrakech, n’accueille plus de visiteurs : l’université Cadi Ayyad, propriétaire des lieux depuis 2006, indique sur son portail que le musée est fermé pour maintenance, et la collection a rouvert en juin 2026 dans une autre maison de la médina, sous le nom Marrakesh-Timbuktu. Vous verrez aussi ce lieu écrit Maison Tiskiwin, musée Bert Flint, Tiskiwin Museum en anglais et دار تيسكيوين en arabe. Cette page fait le point sur ce qui reste visible, où, à quel prix, et pourquoi cette collection compte parmi les plus originales du Maroc.
Informations vérifiées en septembre 2026
En bref : ce qu’il faut savoir sur le musée Tiskiwin
- La maison-musée historique se trouve au 8, rue de la Bahia, à une centaine de mètres du palais de la Bahia, dans la médina de Marrakech.
- Elle a été créée par Bert Flint (1931-2022), Néerlandais installé à Marrakech en 1957, autodidacte de l’anthropologie et collectionneur d’art rural.
- Flint a donné bâtiments et collection à l’université Cadi Ayyad de Marrakech en 2006 ; le portail de l’université annonce aujourd’hui le musée « fermé pour maintenance ».
- Le séisme d’Al Haouz du 8 septembre 2023 a endommagé la maison ; le musée n’a pas rouvert sur place depuis la mort de Bert Flint en novembre 2022.
- La collection est de nouveau visible depuis juin 2026 dans un autre riad de la médina, sous le nom Marrakesh-Timbuktu, à sept minutes à pied du Café de France, sur la place Jemaa el-Fna.
- Le parcours reconstitue un itinéraire caravanier en neuf étapes, de Marrakech à Tombouctou et retour par la route de l’Ouest.
- Tarif annoncé par le nouveau lieu : 100 dirhams plein tarif, 40 dirhams pour les citoyens marocains sur présentation d’une pièce d’identité, gratuit jusqu’à 12 ans.

Fiche pratique du musée Tiskiwin et de la collection Bert Flint
Deux adresses coexistent dans les guides et les applications de cartographie : l’ancienne maison-musée, fermée, et le nouvel espace qui présente la même collection depuis juin 2026. Le tableau ci-dessous distingue clairement les deux, avec uniquement les informations publiées par les organismes concernés ou à vérifier sur place.
| Critère | Maison Tiskiwin (site historique) | Marrakesh-Timbuktu (collection Bert Flint aujourd’hui) |
|---|---|---|
| Quartier et adresse | 8, rue de la Bahia, médina, quartier du palais de la Bahia | Hay Quenaria, derb Boutouil n° 33b, médina |
| Accès depuis un repère | Environ 3 minutes à pied depuis l’entrée du palais de la Bahia | 7 minutes à pied du Café de France (Jemaa el-Fna), 10 minutes du palais de la Bahia |
| Statut | Fermé (« fermé pour maintenance » selon l’université Cadi Ayyad) | Ouvert depuis juin 2026 |
| Horaires | Sans objet | Tous les jours de 10 h à 19 h, dernière entrée 30 minutes avant la fermeture |
| Tarif | Sans objet (droit d’entrée symbolique jusqu’à la fermeture) | 100 DH plein tarif ; 40 DH citoyens marocains (pièce d’identité) ; gratuit jusqu’à 12 ans |
| Durée conseillée | Sans objet | 1 h à 1 h 30 pour les neuf étapes du parcours |
| Meilleur moment | Sans objet | Ouverture du matin ou fin d’après-midi, quand les derbs sont moins encombrés |
| Tenue | Sans objet | Tenue de ville couvrant les épaules et les genoux, chaussures fermées pour les escaliers |
| Accessibilité | Sans objet | Rez-de-chaussée accessible en fauteuil roulant ; pas d’ascenseur dans la maison ancienne |
| Langues des textes | Cartels en français, fiches de salle prêtées en plusieurs langues avant la fermeture | Textes des panneaux en anglais et en français |
Le musée Tiskiwin est-il ouvert en 2026 ?
Non. La maison-musée du 8, rue de la Bahia reste fermée au public en septembre 2026. Le portail de l’université Cadi Ayyad, propriétaire du lieu et de la collection depuis 2006, affiche la mention « le musée est actuellement fermé pour maintenance », sans date de réouverture annoncée. Aucun billet n’y est vendu.
Trois événements expliquent cette fermeture, et il est utile de les distinguer parce que les guides en ligne les mélangent. D’abord la mort de Bert Flint, le 1er novembre 2022, dans la maison même qu’il avait transformée en musée : sans lui, le lieu perd son animateur quotidien, celui qui recevait les visiteurs et racontait chaque objet. Ensuite le séisme d’Al Haouz, le 8 septembre 2023, de magnitude 6,8 selon l’Institut d’études géologiques des États-Unis, dont l’épicentre se situait à environ 70 kilomètres au sud-ouest de Marrakech : la médina a été touchée, des murs en pisé et des terrasses ont cédé, et la vieille maison de la rue de la Bahia a subi des dégâts. Enfin la question juridique et budgétaire : la collection appartient à une université publique, et la remise en état d’une bâtisse ancienne classée dans le périmètre du patrimoine mondial ne se décide pas en quelques mois.
Concrètement, si vous voyez encore « Musée Tiskiwin, ouvert de 9 h 30 à 12 h 30 et de 15 h à 18 h, 20 dirhams » sur un blog ou une fiche d’agrégateur, ces informations datent d’avant 2022. Elles circulent encore largement parce que personne ne les met à jour. Ne construisez pas votre matinée autour d’une visite à cette adresse.
Où voir la collection du musée Tiskiwin aujourd’hui ?
La collection réunie par Bert Flint est de nouveau exposée depuis juin 2026 dans une maison ancienne de la médina de Marrakech, au derb Boutouil n° 33b, quartier Hay Quenaria, sous le nom Marrakesh-Timbuktu. Un derb est une ruelle privée de la médina, souvent en impasse. Le lieu se présente comme la continuation de l’héritage de Bert Flint et de son ancien musée Tiskiwin.
Le projet est porté par Joost Flint, neveu du collectionneur, gérant de la société Speaking Objects, avec une équipe locale. Le propos affiché est simple : plutôt que d’attendre une hypothétique restauration de la rue de la Bahia, remonter le parcours ailleurs pour que les objets continuent d’être vus. La scénographie a été refaite — vitrines et tables dessinées par le studio de Younes Duret, cartes de l’itinéraire caravanier signées par le géographe Eric Ross, illustrations d’Emilie Verbanck — ce qui donne un accrochage plus lisible que l’entassement, charmant mais dense, de l’ancienne maison.
Un point mérite d’être dit franchement : la relation juridique entre cette nouvelle exposition et l’université Cadi Ayyad, à qui Bert Flint avait donné sa collection et ses murs en 2006, n’est pas explicitée publiquement par les deux parties. L’université continue de présenter le « Muséum Dar Tiskiwin » comme son musée, fermé pour maintenance ; l’espace Marrakesh-Timbuktu présente la collection Flint sans détailler ce point. Si le sujet vous intéresse, la question se pose à l’accueil, pas dans un guide.
Ce que l’on voit dans le nouvel espace
Le parcours se déploie dans une maison à patio, sur plusieurs niveaux, et se termine par une terrasse où est montée une tente du sud du Maroc. On y trouve des textiles et des tapis, des bijoux touaregs en argent, des poteries, des vanneries, des cuirs, des amulettes thérapeutiques, des parures néolithiques, des masques et des statues d’Afrique de l’Ouest, des portes et panneaux de bois sculptés, ainsi que des plafonds peints démontés et remontés. Une salle est consacrée à Tombouctou et aux collections subsahariennes.
Une exposition temporaire de photographies du sud du Maroc prises dans les années 1960 et 1970 par le médecin Boris Witjas accompagne l’ouverture, annoncée du 12 juin au 31 décembre 2026. Les textes des panneaux sont rédigés en anglais et en français ; le site du lieu propose en plus l’allemand, l’italien, le néerlandais et l’espagnol.
Qui était Bert Flint, fondateur du musée Tiskiwin ?
Bert Flint était un Néerlandais né le 24 mai 1931, hispaniste de formation, devenu par la pratique l’un des meilleurs connaisseurs des arts ruraux du Maroc et du Sahara. Arrivé au Maroc en 1954, installé à Marrakech en 1957, il y a vécu jusqu’à sa mort, le 1er novembre 2022, à 91 ans.
Son itinéraire intellectuel est plus intéressant que la biographie type du collectionneur européen. Flint a étudié la langue et la littérature espagnoles à l’université d’Utrecht. C’est une visite de l’Alhambra de Grenade qui l’oriente vers le monde andalou, et son premier voyage au Maroc, en 1954, lui montre que l’architecture et le décor marocains prolongent cette tradition. Il s’installe donc à Marrakech pour étudier l’art citadin d’inspiration hispano-mauresque. Puis il change d’axe, et c’est là que son travail devient singulier : il se détourne progressivement du raffinement urbain pour s’intéresser aux campagnes, aux vallées du Souss, aux oasis présahariennes, aux nomades. Il finit par défendre une thèse que peu de gens tenaient alors avec cette insistance : la culture matérielle marocaine ne se comprend pas seulement par al-Andalus et l’Orient, elle est aussi arrimée au Sahara et à l’Afrique de l’Ouest.
Sa manière de collecter tenait de l’enquête visuelle plus que de l’achat de pièces prestigieuses. Il l’a formulée lui-même : intrigué par une forme ou un motif, il achetait un objet, puis en découvrait un autre qui lui ressemblait — et la série ainsi constituée finissait par dessiner une géographie. C’est exactement ce que le parcours du musée met en scène : des objets modestes, souvent domestiques, alignés pour faire apparaître des continuités entre le Moyen Atlas, le Sahara central et la boucle du Niger.
Flint n’a pas gardé son fonds pour lui. Il avait participé en 1990 à la création du musée municipal du patrimoine amazigh d’Agadir, qui a acquis une partie de sa collection en 2000. En 2015, il a fait une donation au musée berbère du Jardin Majorelle, rebaptisé musée Pierre Bergé des arts berbères en 2020 ; la Fondation Jardin Majorelle indique que ce don porte sur plus de six cents pièces — textiles, bijoux, tapis, poteries. Du 21 octobre 2020 au 1er août 2021, le musée Yves Saint Laurent Marrakech lui a consacré une exposition monographique, prolongée en raison de son succès. Et en 2006, à 75 ans, il avait donné maison et collection à l’université Cadi Ayyad de Marrakech.
Que signifie le nom « Tiskiwin » ?
Tiskiwin est un mot amazigh qui renvoie aux cornes. Selon l’explication donnée par Bert Flint lui-même et reprise par le musée en ligne qu’il a fondé, le nom vient d’une danse du Haut Atlas dans laquelle des hommes portent des cornes — « tiskt » — évoquant la chèvre des montagnes. Le mot a d’abord servi d’enseigne à une boutique.
Ce détail n’est pas anecdotique : il dit ce que Flint cherchait. Pas un musée des beaux-arts marocains, mais un lieu consacré à des pratiques rurales, rituelles, souvent antérieures à l’islamisation et parfois encore vivantes. On trouve parfois, dans des notices en français, l’idée que Tiskiwin désignerait « une danse mauresque » : la formulation est vague et fait glisser le sens vers l’imaginaire andalou, exactement à l’opposé du propos amazigh et saharien de la collection.
Histoire de la maison-musée, du magasin de 1980 à la donation
Le musée Tiskiwin n’a pas été fondé d’un coup : il s’est agrandi par étapes, au rythme des achats immobiliers de Bert Flint dans la rue de la Bahia, entre 1976 et 1990. Un riad — maison à patio intérieur, organisée autour d’une cour plantée — est devenu boutique, puis espace d’exposition, puis musée public, puis bien universitaire.
| Année | Étape |
|---|---|
| 1931 | Naissance de Bert Flint aux Pays-Bas, le 24 mai |
| 1954 | Premier voyage au Maroc, après une visite de l’Alhambra de Grenade |
| 1957 | Installation définitive à Marrakech |
| 1976 | Achat de la première maison, rue de la Bahia |
| 1980 | Ouverture de la boutique de vêtements « Tiskiwin » |
| 1987 | Achat de la maison mitoyenne pour agrandir l’espace d’exposition |
| 1990 | Ouverture au public selon le musée en ligne fondé par Flint (des sources françaises retiennent 1996) |
| 1990 | Participation à la création du musée municipal du patrimoine amazigh d’Agadir |
| 2000 | Le musée d’Agadir acquiert une partie de la collection |
| 2006 | Donation des bâtiments et de la collection à l’université Cadi Ayyad |
| 2014 | Lancement d’une version en ligne du musée |
| 2015 | Donation de plus de six cents pièces au musée berbère du Jardin Majorelle |
| 2020-2021 | Exposition monographique au musée Yves Saint Laurent Marrakech (21 octobre 2020 – 1er août 2021) |
| 1er novembre 2022 | Mort de Bert Flint à Marrakech |
| 8 septembre 2023 | Séisme d’Al Haouz ; la maison est endommagée |
| Juin 2026 | Réouverture de la collection dans la médina sous le nom Marrakesh-Timbuktu |
Une précision sur la date d’ouverture, puisque les sources divergent : le site du musée en ligne créé par Flint indique une ouverture au public en 1990, tandis que plusieurs notices francophones, dont Wikipédia, retiennent 1996. Les deux dates peuvent se défendre si l’on distingue l’ouverture informelle de l’exposition et la reconnaissance du lieu comme musée. En l’absence d’acte officiel publié, mieux vaut écrire « ouvert au public au cours des années 1990 » que trancher au hasard.
La maison elle-même mérite un mot. C’est une demeure de la médina organisée autour d’un patio, avec galeries à colonnes, plafonds de cèdre sculpté, gebs — plâtre ciselé — couvrant les encadrements de fenêtres, et grilles de fer forgé en spirales. Cette architecture domestique n’est pas un décor neutre : elle explique pourquoi le parcours se faisait de pièce en pièce, par des escaliers étroits, en montant vers la terrasse. On visitait une maison habitée par une collection, pas une galerie blanche.

Les neuf étapes du parcours, de Marrakech à Tombouctou
La grande idée de Bert Flint est d’avoir transformé une collection en itinéraire. Le parcours ne classe pas les objets par matière ni par époque : il suit une route caravanière imaginaire qui part de Marrakech, descend vers le Sahara, atteint Tombouctou, puis remonte par l’Ouest jusqu’au Haut Atlas occidental, en neuf étapes.
Une précision utile si vous comparez les sources : le découpage en neuf étapes est celui du nouvel accrochage, tel que publié par Marrakesh-Timbuktu. Le musée en ligne créé par Bert Flint, toujours consultable, présente le même itinéraire en douze étapes, jusqu’au Lemtouni Tric. Les objets et la logique sont les mêmes ; seul le regroupement des salles change.
| Étape | Trajet | Ce que l’on y voit |
|---|---|---|
| 1 | Marrakech → Fès (Moyen Atlas) | Artisanats ruraux, poteries et tissages des tribus du Moyen Atlas |
| 2 | Fès → Imilchil (Haut Atlas oriental) | Traditions de tissage des semi-nomades des hautes vallées |
| 3 | Imilchil → Timimoun (oasis présahariennes) | Cultures oasiennes, bijoux d’argent, objets des ksour |
| 4 | Timimoun → Agadez (Sahara central) | Monde touareg : cuirs, selles, coffres, parures |
| 5 | Agadez → Déou (boucle du Niger) | Communautés sahéliennes et touaregs du fleuve |
| 6 | Déou → Tombouctou (Burkina Faso et Mali) | Sociétés agricoles ouest-africaines, masques et statues, portes sculptées |
| 7 | Tombouctou → Kiffa (Mauritanie) | Pasteurs du désert, perles et textiles maures |
| 8 | Kiffa → Akka (route de l’Ouest) | Commerce transsaharien et circulation des formes |
| 9 | Akka → Marrakech (Haut Atlas occidental) | Art géométrique du Souss et prolongements contemporains |
Le parcours s’ouvre sur une séquence consacrée au « Sahara vert », c’est-à-dire à la période néolithique durant laquelle le Sahara était une steppe herbeuse parcourue par des pasteurs. Ce préambule n’est pas décoratif : il pose la thèse de toute la collection, celle d’une continuité culturelle ancienne entre le Maghreb et le Sahel, dont les motifs géométriques des tapis de l’Atlas seraient l’un des héritages visibles.
Pour un visiteur qui a déjà vu les grandes demeures de la ville — le palais de la Bahia et ses plafonds peints, ou le musée de Marrakech installé dans Dar Menebhi — le contraste est net. Ici, pas d’apparat de cour : des objets de travail, de fête, de soin, de protection, faits par des artisans de village et souvent par des femmes.
Comment aller au musée Tiskiwin depuis Jemaa el-Fna ou le palais Bahia ?
Depuis la place Jemaa el-Fna, comptez environ sept minutes à pied jusqu’au nouvel espace : partez du Café de France, entrez dans la médina en direction du derb Boutouil, et repérez la pâtisserie Corne de Gazelle — on passe sous une arche à sa hauteur, puis on tourne à droite ; l’entrée est à une minute.
Depuis le palais de la Bahia, comptez une dizaine de minutes de marche vers le nord-ouest. C’est l’occasion de comprendre une confusion fréquente : l’ancienne maison Tiskiwin était, elle, collée au palais, dans la rue de la Bahia ; le nouvel espace, lui, est plus proche de la grande place. Si vous demandez « Tiskiwin » à un passant, on vous enverra probablement vers la rue de la Bahia, c’est-à-dire vers une porte close. Demandez « Marrakesh-Timbuktu » ou montrez l’adresse écrite en arabe.
Aucun taxi ne vous déposera devant la porte : les derbs de la médina de Marrakech, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1985, sont trop étroits pour les voitures. Un petit taxi vous laissera place Jemaa el-Fna, à Bab Agnaou ou à la place des Ferblantiers, et le reste se fait à pied. Les applications de navigation grand public perdent régulièrement le signal dans les ruelles couvertes ; le repère visuel de la pâtisserie est plus fiable que le GPS.
Depuis l’aéroport
L’aéroport de Marrakech-Ménara se trouve à quelques kilomètres au sud-ouest de la médina. Le trajet jusqu’aux abords de Jemaa el-Fna prend généralement entre quinze et trente minutes selon la circulation. Si vous hésitez entre taxi, navette et transfert privé, notre comparatif des transferts depuis les aéroports du Maroc détaille les options et les ordres de prix.
Combien coûte l’entrée et quels sont les horaires ?
L’espace qui présente aujourd’hui la collection du musée Tiskiwin annonce 100 dirhams en plein tarif, 40 dirhams pour les citoyens marocains sur présentation d’une pièce d’identité et la gratuité jusqu’à 12 ans. Il ouvre tous les jours de 10 h à 19 h, la dernière entrée étant acceptée trente minutes avant la fermeture. Ces montants sont ceux communiqués par le lieu lui-même.
Le saut de prix par rapport à l’ancien musée est réel et vaut d’être expliqué. La maison de la rue de la Bahia pratiquait un droit d’entrée symbolique, de l’ordre de quelques dirhams, régulièrement cité entre 15 et 20 dirhams dans les guides d’avant 2022 : c’était une collection privée ouverte par son propriétaire, sans personnel nombreux ni scénographie coûteuse. Le nouvel espace est une exposition professionnelle, avec aménagement, traduction, gardiennage et entretien d’une maison ancienne. Comparé aux autres musées privés de la médina, le tarif se situe dans la fourchette haute mais pas hors norme.
Prévoyez une heure à une heure et demie. C’est un lieu qui se lit : si vous traversez les neuf étapes en vingt minutes sans lire les cartels, vous verrez des tapis et des poteries sans comprendre pourquoi ils sont là. Pour les paiements, gardez des espèces en dirhams ; les petits établissements de la médina n’acceptent pas tous la carte, et le change se fait mieux en ville qu’à l’arrivée.
Erreurs à éviter autour du musée Tiskiwin
La principale erreur consiste à se rendre au 8, rue de la Bahia en se fiant à une fiche non mise à jour, puis à considérer que la collection a disparu. Elle existe toujours, elle est visible, mais ailleurs. Voici les pièges les plus fréquents, propres à ce lieu précis.
- Confondre les deux adresses. L’ancienne maison est près du palais de la Bahia ; le nouvel espace est près de Jemaa el-Fna. Ce ne sont pas les mêmes ruelles ni le même quartier.
- Se fier aux horaires anciens. « 9 h 30-12 h 30 et 15 h-18 h » correspond au fonctionnement d’avant 2022. Les horaires actuels sont continus, de 10 h à 19 h.
- Arriver à 18 h 45. La dernière entrée est fixée trente minutes avant la fermeture, et le parcours ne se fait pas en quinze minutes.
- Venir en fauteuil roulant sans se renseigner. Seul le rez-de-chaussée est accessible : une maison à patio de la médina n’a ni ascenseur ni rampes, et les escaliers sont raides et étroits.
- Accepter un « guide » improvisé dans le derb. Dans ce quartier comme ailleurs dans la médina, des accompagnateurs non officiels proposent de vous conduire puis réclament un paiement. L’itinéraire est court et fléché par des repères simples.
- Photographier sans demander. Les règles de prise de vue changent d’un espace privé à l’autre, notamment pour les textiles anciens sensibles au flash. Une question à l’accueil évite une remontrance.
- Ne pas prévoir d’espèces. La médina reste largement en liquide, et il n’y a pas de distributeur au coin du derb.
Que voir aux alentours ?
Le quartier concentre plusieurs des lieux de mémoire de Marrakech, tous accessibles à pied en moins d’un quart d’heure. En combinant la collection Flint avec une ou deux de ces visites, on obtient une demi-journée cohérente sur l’habitat, le décor et les savoir-faire de la ville, sans prendre un seul taxi.
- Le palais de la Bahia : la grande demeure de la fin du XIXe siècle, ses plafonds peints et ses cours plantées, voisine immédiate de l’ancienne maison Tiskiwin.
- Dar Si Said : devenu musée national du tissage et du tapis, il prolonge exactement le propos de Flint sur les textiles ruraux. Son statut d’ouverture a varié ces dernières années ; à vérifier auprès de la Fondation nationale des musées avant de s’y rendre.
- Le mellah : l’ancien quartier juif, créé au XVIe siècle, avec sa synagogue Slat al-Azama et son cimetière, à quelques minutes au sud.
- La place des Ferblantiers et le palais El Badi : les ruines du palais saadien, ses terrasses et ses cigognes, à dix minutes de marche.
- La place Jemaa el-Fna : cœur de la médina, dont l’espace culturel est inscrit par l’UNESCO au patrimoine immatériel de l’humanité.
Si vous organisez un premier séjour au Maroc et hésitez encore entre les deux grandes villes impériales du centre et du nord, notre comparatif Marrakech ou Fès détaille ce que chacune offre en matière de musées et d’artisanat.
Pourquoi cette collection compte, au-delà du musée Tiskiwin
Ce que Bert Flint a rassemblé n’est pas une accumulation d’objets pittoresques : c’est une démonstration. En alignant des tapis du Haut Atlas, des cuirs touaregs et des portes maliennes, la collection rend visible une circulation de formes, de techniques et de motifs le long des pistes sahariennes, sur des siècles.
Cette lecture africaine du patrimoine marocain paraît aujourd’hui presque évidente ; elle ne l’était pas quand Flint a commencé. Le récit dominant, jusque dans les années 1980, valorisait l’héritage andalou, l’art des villes, les dynasties. Les objets ruraux relevaient de l’ethnographie, pas du patrimoine. En les exposant dans une maison de la médina, avec des cartels sobres et un ordre géographique, Flint leur a donné un statut d’œuvres et un contexte. Les musées institutionnels marocains ont depuis repris cette approche, du musée du patrimoine amazigh d’Agadir au musée Pierre Bergé des arts berbères.
Il reste une inquiétude légitime, et il serait malhonnête de la passer sous silence : une collection dispersée entre une maison fermée, une exposition privée et plusieurs institutions est plus fragile qu’un fonds tenu d’un seul tenant. La réouverture de juin 2026 rend les objets de nouveau visibles ; elle ne règle pas la question de leur conservation à long terme, qui dépend de l’université propriétaire et des autorités culturelles.
FAQ sur le musée Tiskiwin de Marrakech
Le musée Tiskiwin est-il définitivement fermé ?
Rien n’indique une fermeture définitive, mais aucune date de réouverture n’a été publiée. L’université Cadi Ayyad, propriétaire depuis 2006, indique que le musée est fermé pour maintenance. La maison du 8, rue de la Bahia a été endommagée par le séisme du 8 septembre 2023 et n’avait déjà plus d’activité régulière depuis la mort de Bert Flint en novembre 2022.
Peut-on encore voir la collection Bert Flint à Marrakech ?
Oui. Depuis juin 2026, la collection est présentée dans une maison ancienne de la médina, au derb Boutouil n° 33b, quartier Hay Quenaria, sous le nom Marrakesh-Timbuktu, à sept minutes à pied du Café de France. Le parcours reprend l’itinéraire caravanier en neuf étapes de Marrakech à Tombouctou, avec textiles, bijoux, cuirs, poteries et objets ouest-africains.
Combien coûte la visite ?
Cent dirhams en plein tarif. Les citoyens marocains paient 40 dirhams, sur présentation d’une pièce d’identité, et l’entrée est gratuite jusqu’à 12 ans, d’après les informations publiées par le lieu. L’ancien musée de la rue de la Bahia pratiquait un droit symbolique, souvent cité entre 15 et 20 dirhams avant 2022. Prévoyez des espèces : la carte n’est pas acceptée partout dans la médina.
Quels sont les horaires d’ouverture ?
Tous les jours de 10 h à 19 h, en continu, avec une dernière entrée trente minutes avant la fermeture. Les horaires coupés que l’on trouve encore en ligne, du type 9 h 30-12 h 30 et 15 h-18 h, correspondent au fonctionnement de l’ancienne maison-musée avant 2022. Les horaires peuvent varier pendant le ramadan et les jours fériés.
Combien de temps faut-il prévoir ?
Une heure à une heure et demie suffisent pour parcourir les neuf étapes en lisant les cartels. Comptez davantage si vous vous intéressez aux textiles ou si une exposition temporaire est présentée, comme les photographies du sud du Maroc de Boris Witjas annoncées jusqu’à la fin de 2026. Le parcours se termine par une terrasse.
Le lieu est-il accessible aux personnes à mobilité réduite ?
Partiellement : seul le rez-de-chaussée est accessible en fauteuil roulant. La maison ancienne qui abrite la collection n’a pas d’ascenseur, et ses escaliers sont étroits et raides, comme dans la plupart des riads de la médina. Prévenez à l’arrivée : l’équipe peut adapter la visite aux salles du bas.
Faut-il réserver à l’avance ?
Non, aucune réservation n’est exigée pour une visite individuelle. Le lieu est de taille modeste et rarement saturé, contrairement au palais de la Bahia. Pour un groupe, un créneau spécifique ou une visite commentée, mieux vaut écrire ou téléphoner avant, les coordonnées étant publiées sur le site officiel de l’exposition.
Le musée Tiskiwin vaut-il encore le détour comparé aux autres musées de Marrakech ?
Oui, pour un public précis. Si vous cherchez des palais et du décor citadin, le palais de la Bahia ou Dar Menebhi répondront mieux. Si vous voulez comprendre les liens entre le Maroc, le Sahara et l’Afrique de l’Ouest à travers des objets du quotidien, aucune autre collection de la ville ne fait cela aussi clairement.
En résumé
Le musée Tiskiwin, tel que des générations de voyageurs l’ont connu — une maison de la rue de la Bahia bourrée d’objets, tenue par un Néerlandais de quatre-vingts ans passés — n’existe plus sous cette forme. Bert Flint est mort en 2022, la maison a souffert du séisme de 2023, et l’université Cadi Ayyad la maintient fermée pour maintenance.
Mais la collection, elle, a survécu et se visite depuis juin 2026 au derb Boutouil, sous le nom Marrakesh-Timbuktu, tous les jours de 10 h à 19 h, pour 100 dirhams. Le parcours en neuf étapes, de Marrakech à Tombouctou, reste la meilleure introduction que Marrakech propose aux liens sahariens du Maroc. Vérifiez les horaires avant de partir, emportez des espèces, et n’allez pas frapper à la porte de la rue de la Bahia.
Sources officielles
- Université Cadi Ayyad — Muséum Dar Tiskiwin
- Marrakesh-Timbuktu — informations de visite et tarifs
- Musée Yves Saint Laurent Marrakech — exposition Bert Flint
- UNESCO — Médina de Marrakech, patrimoine mondial
- Fondation nationale des musées du Maroc
- ONDA — Office national des aéroports
Article informatif : les tarifs, horaires et conditions d’accès sont susceptibles d’évoluer. Vérifiez les informations auprès des établissements avant votre visite.
Crédit photo
Illustrations : image à la une « File:Museums in Marrakech Tiskiwin Museum 04.jpg » — Werner100359 (CC BY-SA 4.0) ; « File:Museums in Marrakech Tiskiwin Museum 01.jpg » — Werner100359 (CC BY-SA 4.0) ; « File:Museums in Marrakech Tiskiwin Museum 05.jpg » — Werner100359 (CC BY-SA 4.0), via Wikimedia Commons.



